M163 – CE QUI EST PERMANENT …

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  « Si le ministère de la condamnation, a été glorieux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur en gloire. Et, sous ce rapport, ce qui a été glorieux ne l’a point été, à cause de cette gloire qui lui est supérieure. En effet, si ce qui était passager a été glorieux, ce qui est permanent est bien plus glorieux… »  II Co 3:9-11.

  Du ministère de la condamnation au ministère de la justice qui « donne la vie… » Rom 5:18, le caractère « passager » de la Loi, qui a été, non pas « abolie », mais « accomplie » par Jésus Matt 5:17, a fait place au caractère « permanent » de la Grâce ; caractère que Dieu imprime en tous ceux qui l’ont reçue. Cette constance, dans l’homme régénéré, est le fruit de la Semence de la Parole de Dieu reçue dans son cœur par le Saint-Esprit, au sujet de laquelle l’apôtre Pierre écrit : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la Parole vivante et permanente de Dieu… » I Pier 1:23. La Parole de Dieu est « permanente » par la Nature éternelle de la Vie divine qu’elle contient ; et cette Parole est la « bonne semence jetée dans la bonne terre… » Matt 13:23, qui germe dans le cœur, porte un fruit durable, et ainsi produit cette fidélité qui caractérise l’âme fidèle au Seigneur.

  Parmi toutes les bénédictions consécutives à l’obéissance à Dieu, il en est une particulière à l’adresse du peuple d’Israël, disant : « L’Éternel fera de toi la tête et non la queue, tu seras toujours en haut et tu ne seras jamais en bas, lorsque tu obéiras aux commandements de l’Éternel, ton Dieu… » Deut 28:13. Ceci indique, pour nous rachetés, la promesse d’un niveau spirituel accessible et permanent, auquel Dieu nous a appelés en Son Fils. Cette position spirituelle nous a été rendue possible dès le moment où, « ayant été crucifiés avec Christ… » Gal 2:20, Dieu « nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ… » Eph 2:6. Ce niveau spirituel au-dessus de l’attrait des choses terrestres est, non pas une supériorité sur nos semblables, mais la position victorieuse de la foi, par-delà notre faiblesse. Dieu, en effet, a déployé en Christ l’infinie grandeur de Sa Puissance en « le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir… » Eph 1:19-21. Le Nom de Jésus est au-dessus de tous les noms terrestres et célestes, et donc au-dessus des noms du diable et des démons, au-dessus de toutes les dominations et les puissances des ténèbres. Aussi, par la foi dans le Nom de Jésus, sommes-nous placés à la « hauteur » même de l’Autorité de ce Nom, c’est-à-dire, spirituellement, au-dessus de ces principautés et de ces puissances, dont Jésus nous a rendus vainqueurs.

  Il y a lieu de se rappeler que la purification par le Sang de Jésus et notre soumission à Dieu sont la base de toute position victorieuse en Lui. Car en cas de désobéissance, c’est évidemment l’inverse qui se produit, selon que le dit l’Écriture : « L’étranger qui sera au milieu de toi s’élèvera toujours plus au-dessus de toi, et toi, tu descendras toujours plus bas ; il te prêtera, et toi tu ne lui prêteras pas ; il sera la tête, et tu seras la queue… » Deut 28:43-44. « L’étranger », c’est-à-dire, pour nous, spirituellement, tout ce qui est « étranger » à Dieu, quelle que soit la puissance, ou la personne, ou l’esprit qui veut dominer ou obscurcir l’âme qui ne veille pas.

  Dans Ses Desseins immuables, Dieu agit par des bouleversements terrestres et célestes, ainsi, parlant des événements des temps à venir, Dieu dit : « Une fois encore j’ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel. Ces mots : Une fois encore, indiquent le changement des choses ébranlées, comme étant faites pour un temps, afin que les choses inébranlables subsistent… » Héb 12:26-27. Notre dépendance permanente de la Grâce de Dieu se traduit, certes, par une vie droite, mais pas nécessairement par une « ligne » droite, c’est-à-dire, sans obstacles, épreuves, erreurs et faiblesses. De même que la terre a connu et connaîtra, ainsi que le ciel, des ébranlements marquant l’Accomplissement des Desseins de Dieu, de même ce Processus divin s’opère dans la vie spirituelle du racheté. Chaque décision à prendre, chaque seuil à franchir, chaque étape nouvelle débute, s’accompagne, ou s’achève par un « ébranlement intérieur », afin que les choses que nous croyions inébranlables jusqu’alors, telles que nos convictions personnelles, soient ébranlées, pour que les choses inébranlables, que Dieu a réservées à chacun de nous, prennent place dans nos vies.

  Lorsque Jésus, sur la croix, poussa un grand cri et rendit l’esprit « le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent… » Matt 27:51-52. De même, le matin de la résurrection, il y eut un « grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s’assit dessus… » Matt 28:2. Des tremblements de terre ont accompagné, marqué l’accomplissement du Salut acquis pour nous par Jésus, à Golgotha. Et c’est, en chacun de nous, à partir de ce « si grand salut », que s’opère notre ressemblance à Jésus par de semblables « secousses » intérieures, qui rassemblent les éléments de notre âme disloquée à cause du péché, puis purifiée par le Sang, et les reconstituent au-dedans de nous par l’Esprit qui vivifie et unifie.

  Des bouleversements de toutes sortes s’inscrivent dans notre marche spirituelle. Dieu veut ébranler nos idées devenues altérées, idées que nous nous sommes faites souvent à partir de vérités de la Parole ou d’expériences authentiques, mais non renouvelées par l’Esprit, et interprétées selon nos propres pensées ou érigées en doctrines mortes. Il nous est donc nécessaire d’être ébranlés pour être, non pas désorientés, mais rendus inébranlables ; et nous sommes rendus inébranlables pour être, non pas figés, mais affermis ; et nous sommes affermis dans la Parole, non pas pour nous enfermer dans la « lettre qui tue », mais pour être renouvelés par « l’Esprit qui vivifie » II Cor 3:6, l’Esprit qui a inspiré cette Parole chargée de Vie. D’où nous comprenons que les « crises de croissance » spirituelles sont incluses dans l’Œuvre permanente de la Grâce de Dieu dans nos vies.

  « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin… » Apo 22:13. De tous les titres donnés à Jésus, il n’en est aucun qui désigne le mieux l’œuvre continue de Son Esprit en nous jusqu’à « la mesure de la stature parfaite de Christ… » Eph 4:13. Jésus, en qui réside tout « l’alphabet grec » et qui vit en nous, ne nous fera jamais sauter de « l’Alpha » à « l’Oméga », mais il nous fera passer par toutes les « lettres », l’une après l’autre. Il est, en effet, des phases successives par lesquelles nous devons passer, et toute précipitation ou raccourci nous ramènerait inévitablement au départ de l’étape précédente. L’apôtre Paul à ce sujet, écrit : « C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté… »  Eph 6:13. Nous sommes exhortés à tenir ferme en tout temps, c’est-à-dire, non seulement avant, et pendant la tentation ou l’épreuve, mais encore « après » avoir tout surmonté. Car, c’est souvent au temps de la victoire quand notre joie augmente, que, en même temps, notre vigilance diminue. Et cela parce que nous oublions que c’est la Victoire du Seigneur, et non la nôtre ; que c’est par Sa Force, et non par la nôtre ; que c’est par Sa Sagesse, et non par la nôtre ; sinon notre assurance dans la foi se changerait, sans que nous nous en rendions compte, en une « propre assurance ». Il est alors besoin d’une nouvelle faiblesse ou d’un nouvel échec, que Dieu permet, certes, sans conséquence grave, mais suffisant pour nous convaincre de notre orgueil qui relève la tête, car toute victoire qui veut ignorer la faiblesse ne dure pas.

  Nous découvrons ainsi que la faiblesse, loin d’être un obstacle, nous fait, au contraire, aspirer à la Force permanente du ministère de l’Esprit. La faiblesse que l’on reconnaît, en effet, est le seul vrai besoin auquel Dieu répond pleinement, parce que, dans cette disposition intérieure, et seulement ainsi, Il peut faire d’un vaincu un vainqueur. Nous pouvons exprimer alors les paroles du prophète, disant : « A celui qui est ferme dans ses sentiments, tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi … » Ésaïe 26:3. Ce fut aussi ce qu’apprit David, lorsque, après une très grande faute, il soupira après cette fermeté de sentiments, afin de demeurer fidèle à son Seigneur ; et vainqueur, non seulement sur ses ennemis, mais sur lui-même. « J’ai, dit-il, constamment l’Éternel sous mes yeux; quand l’Éternel est à ma droite, je ne chancelle pas… » Ps 16:8. Le secret qui vainquit sa faiblesse, et qui vainc la nôtre également, réside dans la direction de notre regard. « J’ai constamment l’Éternel sous mes yeux… », c’est-à-dire, rien ni personne d’autre que le Seigneur, et cela « constamment ». Les yeux de sa tête ne voyaient désormais que ce que regardaient les yeux de son cœur purifié, voilà son secret… et le nôtre désormais.