M162 – MON ESPRIT MÉDITE …

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  « Je pense aux jours anciens, aux années d’autrefois. Je pense à mes cantiques pendant la nuit, je fais des réflexions au-dedans de mon cœur, et mon esprit médite… »  Ps 77:6-7.

  Simples lectures, études de textes ou de sujets particuliers, recherches de concordances ou de contrastes entre les versets, autant de façons par lesquelles l’Esprit-Saint nous invite à sonder les Profondeurs de la Parole de Dieu. Avec cela, accompagnant la lecture, il nous est aussi proposé un « tête-à-tête » avec le Seigneur, c’est-à-dire, un dialogue intérieur avec nous-mêmes, qui est la « méditation ». La méditation n’est pas un monologue sur soi-même, mais elle est la Parole de Dieu repassée sans cesse dans notre cœur, la Parole renouvelée dans notre esprit par l’Esprit-Saint qui l’a inspirée.

  La méditation n’est pas le passe-temps des contemplatifs ou des inactifs, au contraire, elle est cette activité intérieure propre à tout homme d’action selon l’Esprit de Dieu. La méditation est « sœur jumelle » de la lecture. Et, dans les Écritures, l’on ne saurait citer tous les hommes de Dieu qui, avec prière, ont médité la Parole, ses directives et ses promesses en vue d’accomplir la Volonté divine. Ne serait-ce que Josué, chef de l’armée d’Israël, auquel l’Éternel Lui-même adressa cette exhortation, disant : « Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras… » Jos 1:8. C’est donc de cette lecture assidue de la Parole de Dieu que Josué reçu, chaque jour, la force pour conquérir le pays de Canaan, afin d’y introduire les tribus d’Israël.

  Ainsi, accompagnée de la prière, la méditation de la Parole a toujours nourri l’attente de la foi, en vue des grandes œuvres et des accomplissements prophétiques. Éliezer, sur les indications d’Abraham qui avait reçu les Promesses de Dieu, revint avec Rebecca, afin d’être donnée pour femme à Isaac, fils de son maître, celui-ci « étant sorti un soir pour méditer dans les champs… », c’est alors que « ayant levé les yeux, il regarda ; et voici, des chameaux arrivaient. Rebecca leva aussi les yeux, vit Isaac, et descendit de son chameau… » Gen 24:63-64. La méditation de cette Promesse amena Isaac dans la disposition intérieure et dans le lieu approprié à sa rencontre avec Rebecca. De cette union, en effet, naquit deux enfants, dont Jacob qui engendra les douze patriarches, et, parmi eux, Juda, de la postérité duquel est issu, selon la chair, notre Sauveur, le Christ Jésus.

  Beaucoup ne saisissent pas la nécessité de méditer, y voyant une intrusion de l’intelligence naturelle ou de l’âme dans les Choses de l’Esprit de Dieu. L’Écriture dit, en effet : « Je détruirai la sagesse des sages, et j’anéantirai l’intelligence des intelligents… » I Cor 1:19. Remarquons que Dieu détruit, non pas les sages, mais leur « sagesse », et qu’il anéantit, non pas les intelligents, mais leur « intelligence » humaine. Car le Seigneur est aussi venu pour confondre les sages et les intelligents, afin de les éclairer et de les sauver, au même titre que les simples et les ignorants. Notre intelligence comme notre volonté et notre conscience sont, pareillement, incluses dans l’œuvre de la régénération qui transforme notre être entier, et non en partie seulement, selon qu’il est écrit : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait… » Rom 12:2. Ainsi, de naturelle, notre intelligence devient spirituelle, de là, les pensées qui en découlent ne naissent pas d’elles-mêmes, mais sont inspirées de la Parole de Dieu, qui est méditée et développée par l’Esprit que Dieu a fait habiter en nous.

  « Nous renversons les raisonnements, écrit l’apôtre, et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ… » II Cor 10:5. Une pensée « libre », non soumise, erre loin du but, s’abusant elle-même ; seule une pensée « captive », c’est-à-dire, non pas capturée, mais « captivée » par l’Amour et la Vérité affranchissante du Seigneur, est rendue apte à sonder toutes choses, que lui révélera l’Esprit, qui « sonde tout, même les profondeurs de Dieu… » I Cor 2:10. Et cela « afin de connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science… » Col 2:2-3.

  La méditation entretient une sagesse porteuse de paix dans les relations fraternelles. Car « si ceux qui méditent le mal s’égarent, ceux qui méditent le bien agissent avec bonté et fidélité… » Prov 14:22, et ceci, dit encore le sage, parce que « le cœur du juste médite pour répondre, mais la bouche des méchants répand la méchanceté… » Prov 15:28. Aussi celui qui médite peut-il dire sans cesse, comme le Psalmiste : « Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon cœur. Je dis : Mon œuvre est pour le roi ! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain… » Ps 45:2. Et ces paroles, imprégnées de la Parole de Dieu dans notre cœur qui se les remémore, ne peuvent qu’en jaillir et communiquer une grâce à ceux qui l’entendent.

  Toute personne méditative, dans la Vérité et dans l’Amour de Dieu, ne peut être que conciliante, car elle l’est déjà avec « elle-même ». En effet, lorsque le Psalmiste dit : « Mon esprit médite… », au lieu de dire simplement : Je médite, il y a ici plus qu’une expression hébraïque, c’est un dialogue de la Parole de Dieu avec lui-même, dans son esprit éclairé, exhortant sa propre âme. Et ceci s’éclaire par le fait que, souvent, la Parole de Dieu personnifie les facultés et les vertus spirituelles. Ainsi, la Sagesse elle-même se révèle comme étant une personne aimée, à l’égard de laquelle le sage dit au croyant : « Ne l’abandonne pas, et elle te gardera ; aime-la, et elle te protégera… » Prov 4:6. En définitive, ce n’est donc pas le racheté qui, par sa propre force, veille et se garde, mais, ainsi que le dit encore le sage : « La réflexion veillera sur toi, l’intelligence te gardera, pour te délivrer de la voie du mal… » Prov 2:11-12. Et c’est cette sollicitude, avec laquelle la Sagesse divine veille sur nous, que la méditation de cette Sagesse nous invite à manifester à l’égard de nos frères et sœurs en la foi.

  Christ est la Parole, toute la Parole, et Le connaître entièrement ne se peut qu’en lisant la Parole toute entière, et non pas ce qui nous plaît seulement. Combien d’âmes sont chancelantes, avec des hauts et des bas, tantôt courant, tantôt s’arrêtant, ou même reculant, parce qu’elles ne lisent pas la Parole d’une manière suivie. Tel ouvre sa Bible au hasard et jette ses regards sur n’importe quel passage qui saute aux yeux, tel autre pose son doigt sur le premier verset venu. Ceci s’apparente à un tirage au sort, à une démarche superstitieuse et même divinatoire. Certes, Dieu a pu, exceptionnellement, parlé une fois de cette manière dans une situation particulière, mais dès que l’on fait d’une exception une habitude, une règle, ceci alors conduit à une pratique magique, et ouvre la porte à un esprit d’égarement. Ainsi, tout racheté qui n’a pas une lecture suivie de la Genèse à l’Apocalypse, selon bien-sûr que le Seigneur le dirige, manifestera toujours un déséquilibre ou une faiblesse dans sa vie spirituelle. En effet, une lecture partielle, fractionnée, décousue de la Parole de Dieu produira toujours un croyant superficiel, instable, inconstant, sans discernement. Et chacun de nous est à l’image de sa manière de lire et de méditer la Parole.

  La Parole de Dieu, telle qu’elle a été écrite, suit une progression spirituelle que nous avons aussi à parcourir, car sous la continuité de la Parole, il y a la continuité sous-jacente de la Pensée de l’Esprit qui l’a inspirée. La lecture suivie de celle-ci apporte une saine compréhension de l’ensemble de la Vérité qui nous garde de tout esprit de parti et de doctrines particulières, ceci par la raison que le fil conducteur spirituel qui traverse la Parole n’est pas rompu. Ainsi, le cheminement de la lecture et de la méditation dans l’Esprit apporte une telle vie, une telle lumière, un tel rafraîchissement, que la Parole, au fur et à mesure de sa lecture, semble se « réécrire » dans nos cœurs.

  De même que les montagnes renvoient l’écho des paroles, de même, la méditation est l’écho de la Parole divine, qui, du fond de notre cœur, se répercute en autant de réflexions spirituelles à notre esprit. Nous ressentons alors la joie qu’éprouvait le prophète Jérémie, disant : « J’ai recueilli tes paroles, je les ai dévorées ; tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon cœur… » Jér 15:16. Non seulement le racheté « dévore » la Parole de Dieu, mais il en est un « ruminant », car la méditation est une « rumination » spirituelle de la Parole. Autant d’aspects de la méditation, par laquelle l’intelligence de l’homme spirituel découvre, et vit, avec fruit, cette vérité exprimée par le sage, disant : « Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur… » Prov 16:20.