M158 – EN COMMUNION …

Format PDF

  «  La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché… ! » I Jean 1:5-7.

  Nous sommes appelés à être en communion avec Dieu qui, à la fois, est « Lumière », et « dans la Lumière ». Aussi, seule une conscience éclairée de la même Lumière, et non par ses propres lumières, peut être en communion avec Dieu. Une communion spirituelle qui se perd révèle une conscience qui s’émousse ou qui est chargée d’une faute. C’est là le signe de la perte de la « bonne conscience » qui peut entraîner celle de la foi, selon ce qu’écrit l’apôtre Paul exhortant Timothée à « combattre le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi… » I Tim 1:18-19. Ceci s’éclaire d’autant plus que l’Écriture nous exhorte à « conserver le mystère de la foi dans une conscience pure… » I Tim 3:9. Ainsi, dans ce domaine précis de la communion spirituelle, ce n’est donc pas la foi qui « entretient » la conscience, mais la conscience purifiée par le Sang de Jésus qui « conserve » la foi. Mais que cette conscience vienne à s’altérer, et la communion comme la foi se perdent.

  Les divers aspects de notre communion avec Dieu sont d’une richesse et d’une profondeur infinie. La Lumière divine est, et nous révèle l’Éclat de la Sainteté de la nature de Dieu, c’est-à-dire, de Sa Vie même. Dans le domaine naturel, tout ce qui est vie découle de la lumière : Gen 1:1-5 ; inversement, dans le domaine spirituel, la Lumière vient de la Vie, selon ce que dit l’Écriture : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu… En elle (la Parole) était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes… » Jean 1:1, 4, ce que confirme Jésus, étant Lui-même la « lumière du monde », disant : « Comme le Père a la Vie en lui-même, dit-Il, ainsi il a donné au Fils d’avoir la Vie en lui-même… » Jean 5:26. Ainsi, dans la nature, la lumière apporte la vie, alors que dans l’homme régénéré, c’est la vie spirituelle, qui est source de Lumière. La communion dans la Lumière est la Révélation de la connaissance de Dieu vécue, dans laquelle nous sommes un avec Lui.

  La communion avec Dieu est une réalité quotidienne, vivante, permanente. Elle se vit dans la persévérance et le discernement, car le racheté doit toujours faire face à des forces qui lui sont contraires, et qui cherchent à le décourager ou à le distraire de Dieu et de Sa Parole, dans le but de briser sa communion avec Lui. Or la communion dans l’Esprit est fondamentale, car tout ce qui se fait en dehors d’elle repose sur le « vide ». Elle ne saurait non plus être imitée, car toute apparence de communion, au même titre que « l’apparence de la piété… » II Tim 3:5, et que « l’apparence de la  sagesse… » Col 2:23, révèle très vite la faiblesse et la stérilité spirituelles. Cette réalité ne peut être vraie et efficace que lorsqu’elle est vécue dans le Christ qui vit en nous. Il s’ensuit que nous ne sommes  en communion avec Dieu que d’une seule manière : « en étant devenus participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise… » II Pier 1:4.

  Les éléments avec lesquels Jésus entretient en nous cette communion avec Lui sont les instruments qui façonnent notre vie à Sa ressemblance. C’est par le travail intérieur de Sa Mort et de Sa Résurrection en nous que Jésus-Christ rend réelle notre vie de communion « avec le Père et avec le Fils… » I Jean 1:3, communion exprimée par ces Paroles de l’Écriture, qui nous exhortent à « connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort… » Phil 3:10. Il ne saurait donc y avoir de victoire sur le péché sans cette « communion » particulière « aux souffrances » de Christ, qui nous conduit à mourir à nous-mêmes, non par nous-mêmes, mais par l’Esprit de Dieu : Rom 8:13-14. C’est donc par « l’Esprit de Vie en Jésus-Christ » que se renouvelle notre communion avec Dieu. Et c’est précisément parce que la Mort de Jésus est « active » en nous, que notre communion, qui, sans cette Mort ne serait que « théorique », est par elle une communication constante avec le Dieu vivant.

  Il n’est pas de communion sans conformité à tous les aspects de la Vie, de la Mort et de la Résurrection du Fils de Dieu. L’Écriture dit : « En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection… » Rom 6:5. L’Esprit de Dieu nous conforme du dedans à la Ressemblance de Son Fils, et imprime dans notre « homme intérieur » Ses traits et Son caractère. C’est là l’école de toute une vie dans la foi. Notre communion plonge ses racines dans la Mort de Jésus, mais cette Mort n’est pas un « cadavre » inerte, mais une Mort « vivante », agissante, à partir de laquelle Christ, par Son Sang « Purifie notre conscience des œuvres mortes… » Héb 9:14, lesquelles, s’effaçant l’une après l’autre, permettent à la Plénitude de Jésus d’occuper au-dedans de nous toute la place qui lui revient.

  Dieu sait que nous sommes de chair, et, dans Sa Bonté, Il permet parfois que nous « ressentions » Sa Présence, que nous soyons touchés par Lui, comme s’il posait Sa Main sur notre épaule, pour nous rappeler qu’il se tient toujours près de nous et nous encourageant à continuer la route avec Lui. Bien que cela soit réconfortant, cela n’est, cependant, en aucun cas le fondement de la foi, ce « toucher » ne saurait être  recherché, comme le signe attestant notre communion avec le Seigneur. Ce serait, en effet, s’exposer au danger de prendre notre « sentiment » de la Présence de Dieu pour la Présence de Dieu elle-même, car l’on sait, qu’il peut y avoir le sentiment sans la Présence de Dieu, comme aussi la Présence de Dieu sans nécessairement un sentiment, auquel l’on s’attendrait. Et c’est précisément parce que beaucoup d’âmes se reposent sur les sensations, ou veulent les faire « durer », qu’elles connaissent tant de déserts, de chutes et de déceptions.

  L’âme qui se repose sur les sentiments en vient, tôt ou tard, à douter ou à perdre, non seulement le sentiment, mais la Présence de Dieu elle-même. C’est alors qu’elle recherchera une représentation tangible de ce qu’elle ne ressent plus. Lorsqu’il fut appelé à ramener le peuple d’Israël à Dieu, Gédéon « bâtit à Ophra un autel à l’Éternel, et lui donna pour nom l’Éternel Paix.. » Juges 6:24. Un peu plus tard, après la grande victoire remportée sur les Madianites avec seulement trois cents hommes, assistés par la Puissance de Dieu, Gédéon demanda les objets d’or du butin que les hommes d’Israël avaient recueilli, et « il en fit un éphod (pièce de l’habit porté par les souverains prêtres) et il plaça dans sa ville, à Ophra, où il devint l’objet des prostitutions (idolâtrie) de tout Israël ; et fut un piège pour Gédéon et sa maison… » Juges 8:27. Que se passa-t-il donc entre le temps de « l’Éternel Paix » et celui de « l’éphod » devenu une idole ? Au lieu de détruire le butin pris sur l’ennemi, cette infidélité rompit la communion avec Dieu. Gédéon et le peuple firent une représentation visible de ce qu’ils avaient perdu ; une représentation, remarquons-le, non pas profane, mais religieuse. C’est toujours, en effet, par ce qui est « religieux » que le « prince de ce monde » cherchera à détourner le croyant de ce qui est spirituel vers ce qui est charnel, mondain. Ce qui est invisible est remplacé par ce qui est visible, ce qui est spirituel est remplacé par ce qui peut être aussi bien émotionnel que matériel.

  Alors que Dieu communique avec nous par Son Esprit, notre communion avec Lui s’exprime par l’adoration. Ce fut lors de Son entretien avec la Samaritaine que Jésus révéla la véritable adoration à Dieu, disant : « L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité… » Jean 4:23-24. Depuis la dispensation de la Grâce, il n’y a plus de montagne de Garizim où montent les Samaritains, il n’y a plus de ville de Jérusalem où se rendent les Juifs : Jean 4:20-21. Désormais, le cœur de chaque racheté est devenu un sanctuaire vivant où se vit sa communion avec le Seigneur et d’où s’élève son adoration vers Lui. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon Nom, dit Jésus je suis au milieu d’eux… » Matt 18:20. Quand le Seigneur est l’Unique Objet de l’amour d’un cœur régénéré, la communion ne peut être qu’inaltérable, parce qu’elle repose sur Christ demeurant dans notre cœur et le sanctifiant. Et cette communion, sous-jacente à nos propres sentiments, à nos faiblesses, à nos tristesses, à nos joies mêmes, les transcende et les épure par la communication sans cesse renouvelée de l’Esprit de Dieu.