M154 – J’ATTIRERAI …

Format PDF

   « Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir… »  Jean 12:31-33.

  A partir de quel événement Jésus attire-t-il le plus l’attention des hommes ? L’Écriture nous l’indique : par Sa crucifixion. Mais en quoi la mort du Fils de l’homme peut-elle être « attirante » ? Parce que c’est de Sa mort que nous viennent le pardon de nos péchés, la Vie éternelle, et la promesse de notre propre résurrection. Mais comment, dira-t-on, l’homme pécheur et étranger aux choses de Dieu peut-il être attiré à Celui qu’il ne connaît pas encore ? Par l’œuvre intérieure de « l’Esprit de Vérité », le « Consolateur », dit Jésus, qui « convainc le monde en ce qui concerne le péché, la Justice et le Jugement… » Jean 16:8. C’est ici le choc de la Révélation de Dieu, qui frappe la conscience du pécheur, douleur bénie qui le pousse à se réfugier dans les bras du Sauveur qui, Seul, purifie son cœur et guérit son âme,  ainsi  que  le  proclamait  déjà  le  Psalmiste : « Ô toi, qui écoutes la prière !  Tous  les  hommes  viendront  à  toi… » Ps 65:3.

  Jésus dit : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour… » Jean 6:44. Le Père attire au Fils, lequel appelle au Père, l’Un n’agit pas sans l’Autre. Jésus est la « Parole faite chair » Jean 1:14. Il y a donc une « Attirance » de la part de Dieu à Son Fils, c’est-à-dire, à la Parole, et ce n’est que lorsque la Parole de Dieu est prêchée, entendue ou lue sous l’Onction de l’Esprit, que celle-ci suscite en nous cette attirance à Jésus. Combien de fois, malgré notre ignorance, nos hésitations, nos résistances mêmes, n’avons-nous pas été « vaincus » par la douce attirance de Celui qui a dit : « Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi… » Jean 6:37. L’Éternel, par la bouche du prophète, dit au sujet d’Israël infidèle : « Je les tirai avec des liens d’humanité, avec des cordages d’amour. Je fus pour eux comme celui qui aurait relâché le joug près de leur bouche, et je leur présentai de la nourriture… » Osée 11:4. « Cordages d’amour », l’Amour de Dieu qui éclaire nos ténèbres et nous en délivre ; « Liens d’humanité », littéralement « Liens d’Adam », qui révèlent que Dieu connaît l’humanité de chacun de nous en profondeur, et, en conséquence, nous affranchit avec force et douceur, c’est-à-dire, en retranchant, sans nous mutiler.

  Jacques écrit : « Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne, mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise… » Jac 1:13-14. Il ressort de ces Paroles que la pensée, le sentiment, que suscitent la personne ou la chose convoitées, existe déjà dans le cœur, jusqu’au moment où l’occasion se présente. Le sage dit : « Le méchant convoite ce que prennent les méchants… » Prov 12:12. En effet, l’homme méchant ne saurait être attiré par ce qui attire l’homme bon, et, inversement, l’homme bon ne saurait être attiré par ce qui attire le méchant. Ainsi, non seulement la pensée, mais aussi la nature de l’homme correspondent à la nature de ce qui l’attire. Quant à nous, rachetés, l’Écriture nous exhorte, disant : « N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble… » Rom 12:16. Certes, ce n’est pas l’homme charnel qui se laisserait attirer par ce qui est humble, et s’il l’était, ce serait uniquement en vue de sa propre satisfaction, que lui inspire l’orgueil de son « moi » religieux. Seule la chair crucifiée à la Croix permet au « caractère » de l’Agneau de Dieu, imprimé dans notre cœur, d’être attiré vers les Choses d’En-Haut, réservées dans le cœur de Dieu pour nous.

  Jésus, dans Sa Sagesse, nous exhorte à tirer instruction des qualités observées chez certains animaux. Le Seigneur nous compare à des brebis « qui suivent, et ne connaissent que la voix du Bon Berger… » Jean 10:4. Il nous recommande d’être « prudents comme des serpents, et simples comme des colombes… » Matt 10:16. A ce propos, un fait prodigieux se passa dans l’histoire d’Israël. Les Écritures rapportent que l’Arche de Dieu fut prise par les Philistins, mais ceux-ci, ayant été frappés d’hémorroïdes, résolurent de renvoyer l’Arche d’Israël ; et, l’ayant mise sur un « char neuf », leurs prêtres dirent : « Suivez-la du regard : si elle monte par le chemin de sa frontière vers Beth-Schémesch, c’est l’Éternel qui nous a fait ce grand mal ; sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés, mais que cela nous est arrivé par hasard. Ces gens firent ainsi. Ils prirent deux vaches qui allaitaient et les attelèrent au char, et ils enfermèrent les petits dans la maison. Ils mirent sur le char l’Arche de l’Éternel, et le coffre avec les souris d’or et les figures de leurs tumeurs (en guise d’offrandes pour le péché). Les vaches prirent directement le chemin de Beth-Schémesch ; elles suivirent toujours la même route en mugissant, et elles ne se détournèrent ni à droite ni à gauche… » I Samuel 6:9-12. Dieu attira les vaches dans la direction qui attesta qu’il était bien l’Auteur de ce fléau. L’Esprit de Dieu agit de telle sorte qu’elles allaient dans le sens opposé à celui, bien maternel, qui eût été de rester auprès de leurs petits enfermés dans l’enclos, et qui avaient besoin du lait de leurs mères. La force d’attraction de l’Esprit prévalu sur leur propre nature, car, bien que ce fût en mugissant qu’elles se dirigeaient vers Beth-Schémesch, elles se laissèrent plutôt attirer dans la direction de la Volonté de Dieu. Quant à nous, en tant qu’enfants de Dieu « nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu… » Jean 1:13, l’Écriture ne dit-elle pas que « la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et que l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; et qu’ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez… » ? Gal 5:17. 

  Prêchant au milieu de l’Aréopage à Athènes, Paul dit : « Dieu a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ; il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être… » Act 17:26-28. Dieu ne se tient pas loin de nous, mais Il ne se révèle pas sans susciter en nous une recherche dont la persévérance est à la mesure du besoin que l’on a de Lui. Ce qui pousse l’âme à chercher le Seigneur, c’est donc l’Amour de Dieu qui l’attire à Jésus, qui se révèle comme étant la réponse à ce à quoi d’avance elle aspirait. L’âme est attirée quand ce qui la pousse est de la même nature que ce qui l’attire. Ainsi, être attiré charnellement révèle un besoin charnel ; être attiré spirituellement révèle un besoin spirituel. C’est par l’aspiration aux choses spirituelles, suscitée par l’Esprit du Père céleste, que nous est révélée notre identification au Fils, avec lequel nous sommes devenus « une même plante… » Rom 6:5.

  Notre cœur est exhorté par la petite Sulhamite, chantée dans le « Cantique des cantique ». Aux  gardes, qui faisaient la ronde dans la ville et qui la rencontrèrent, la « bien-aimée » attirée par son « bien-aimé », dont elle avait pressenti l’approche, déclare : « Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? À peine les avais-je passés, que j’ai trouvé celui que mon cœur aime, je l’ai saisi, et je ne l’ai point lâché… » Cant des cant 3:3-4. Nos forces viennent-elles à manquer, ou notre foi défaillir ? Seul l’Amour de Jésus, en nous pour Lui, est capable de nous faire surmonter les épreuves, les souffrances, comme de résister à tout autre attrait, sauf à Lui seul.

  Dans un cœur assoiffé tout n’est qu’aspiration, espérance et ressemblance aux Choses d’En-Haut. Dieu, dit Élihu : « attire à lui les gouttes d’eau, et il les réduit en vapeur et forme la pluie… » Job 36:27. La chaleur de l’astre brillant change la rosée en vapeur, chaque goutte attirée vers le haut ne saurait s’élever sans subir cette transformation. Si Dieu attire ainsi les gouttes d’eau par une telle transformation et avec un tel résultat, combien incomparablement plus en est-il de nous. L’attirance à Christ nous conduit à tendre à Sa « Stature parfaite », poursuivant l’Œuvre intérieure commencée à la Croix, et qui nous destine à être « transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit… » II Cor 3:18. Heureux celui qui se laisse attirer par le Père au Fils, car il reçoit d’En-Haut la force de mourir joyeusement à tout ce qui le retiendrait loin de Sa Présence.