M153 – LA MARQUE DE LA BÊTE …

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  « Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête (montant de la mer Apo 13:1), dont la blessure mortelle avait été guérie… Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom… » Apo 13:11-12 et 15-17.

  Il est un signe donné à l’élu qui atteste son origine et sa destination spirituelles, comme il est un signe de la « marque de la bête ». Le « sceau de Dieu » est sur les élus, et la « marque de la bête » sur ceux « dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’Agneau immolé… » Apo 13:8. Cette marque qui concerne le temps de la grande tribulation à venir, a déjà été, d’une manière spirituelle, appliquée de tout temps parmi les hommes. Le Sceau de Dieu scelle, met à part les rachetés pour le jour de « la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis à la louange de sa Gloire… » Eph 1:14, alors que la marque de la bête réserve ceux qui l’ont acceptée pour le Jour du Jugement. Cette application de la marque, comme celle du sceau est, non pas un évènement visible, mais une réalité invisible au même titre, mais dans un tout autre domaine, que le « Royaume de Dieu, qui, dit Jésus, ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point : Il est ici, ou : il est là. Car voici, le royaume de Dieu est, précise-t-il, au milieu de vous… » Luc 17:20-21.

  Ainsi, Caïn est le type de ceux qui ont été « marqués », car en tuant Abel, il rejeta, en même temps, la Parole de Dieu. Cependant, l’Éternel « mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point… » Gen 4:15. Nous savons que la marque met en réserve pour le Jugement, cependant la présence de ce « signe » sur Caïn ici-bas est plutôt bénéfique pour lui ; ce signe le protégea de ceux qui aurait voulu le tuer. L’Écriture ne dit-elle pas que Dieu « est bon même pour les ingrats et pour les méchants… » ? Luc 6:35. Mais pourquoi donc cette protection contre les hommes vengeurs à venir ? Il y a une raison profonde à cela, nous remarquons que ce signe a été un signe donné pour le temps de la vie terrestre de Caïn, et ceci signifie que par cette marque, Dieu a conservé Caïn pour le juger Lui-même, selon qu’il est écrit : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère (du Dieu Juste) ; car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur… » Rom 12:19. Il est écrit, en effet :  « Si quelqu’un tuait Caïn, dit l’Éternel, Caïn serait vengé sept fois… » Gen 4:15.

  L’on ne naît évidemment pas avec la marque sur soi, et elle ne vient pas sans cause ; il y a quelque chose qui l’attire sur celui qui doit la recevoir, et cela se produit au moment où la Parole est prêchée. En effet, au moment où une âme refuse de se laisser éclairer par le Saint-Esprit, c’est-à-dire, d’être convaincue de péché, celle-ci se place elle-même sous cette marque. C’est donc à un certain moment de sa vie qu’une âme reçoit le Sceau, ou la marque, selon qu’elle reçoit ou non la Parole. Mais ce qui est capital, en aucune façon ce mystère nous dispense de prier instamment, notre vie durant, pour ceux qui nous sont chers et que Dieu a placés Lui-même sur nos cœurs, et cela à l’exemple du semeur persévérant, duquel le sage dit : « Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons… » Ecc 11:6. Seul Dieu sait dans Sa Miséricorde et dans Sa grande Patience à quel moment et à quelle attitude un cœur se révèle accessible ou inaccessible à la Parole de Sa Grâce.

  Sous le règne de l’Antichrist, dit l’Écriture, la marque sera appliquée sur la main ou sur le front. Dans notre dispensation et de manière spirituelle, cette marque sur le front affecte, affaiblit la pensée et la volonté de l’homme, et sur la main elle touche, oriente ses décisions et ses entreprises. Ainsi, cette marque fait de l’homme un être séduit dont l’âme est sous le contrôle de l’adversaire qui inspire, en particulier, ses pensées et ses activités religieuses. L’influence de la marque se manifeste par une passivité dans la recherche des Profondeurs de la Parole de Dieu. Alors que l’on devrait mettre toute son attention dans les choses spirituelles et éternelles, c’est la grande démission. Il se trouve, en effet, que des personnes, ayant dans la société une position qui exige des responsabilités réclamant de l’initiative et du bon sens, ces mêmes personnes n’en fassent plus du tout usage, et, spirituellement, suivront des discours et des directives venant de la chair, et non de l’Esprit. Ces âmes se révèlent comme étant sans discernement ni réaction, comme par une sorte de résignation fatale. Ceci éclaire pourquoi l’esprit de religiosité fait autant de ravage dans les églises, que le péché en fait dans le monde. La marque commence avec des individus, elle se poursuit par une institution.

  Jésus dit : « Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau … » Jean 6:27. Il y a donc un Sceau divin sur la Parole, comme il y a de même une marque sur celle de l’Antichrist. Ainsi, de même que le Sceau de Dieu est sur Christ qui est, Lui-même, la Parole que prêchent ceux qu’Il envoie, de même la marque de la bête est sur ceux qui enseignent leurs propres doctrines. « Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, prescrivant de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité… » I Tim 4:1-3. Ces faux ministres portent en eux la flétrissure de leurs enseignements, laquelle empêche leur conscience d’être éclairée par les Lumières de l’Esprit. Ainsi, ces doctrines ne peuvent qu’attirer la marque sur celui qui les écoute, en ce qu’elles suscitent le même désir, inspiré par le « serpent » à Ève et Adam : Gen 3:1-6, et qui est celui de s’élever vers Dieu par la connaissance en vue de la puissance, plutôt que de s’abaisser, afin de recevoir la Vie divine, qui opère en nous notre ressemblance au Fils bien-aimé.

  Nous reconnaissons ceux qui sont scellés d’En-Haut à la façon dont ils se conduisent à travers les épreuves et les séductions de ce monde. « Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, dit l’Éternel à l’homme vêtu de lin, et fais une marque (le Sceau de Dieu) sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent… Tuez, détruisez les vieillards, les jeunes hommes, les vierges, les enfants et les femmes, mais n’approchez pas de quiconque aura sur lui la marque ; et commencez par mon sanctuaire… » Ezé 9:4, 6. « Ceux qui soupirent et qui gémissent… », telle est la disposition intérieure des scellés de Dieu ici-bas, en qui « l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables… » Rom 8:26. Ils discernent les signes des temps par l’Onction qui demeure en eux. Ils reçoivent la Force d’En-Haut en vue de la victoire, et, en même temps, ils souffrent et triomphent dans ce combat. Ils marchent de séparation en séparation dans la voie de la sanctification jusqu’à la Plénitude de Jésus. C’est pourquoi, alors que le chrétien de nom ne rencontre guère d’opposition dans ce monde, celui sur qui est le Sceau de l’Esprit accepte de mourir chaque jour à ce monde « à cause de l’espérance qui lui est réservée dans les cieux … » Col 1:5.

  Le racheté qui veille et prie se garde de l’esprit du monde, se rappelant que l’Écriture dit, en effet, que « toute la terre était dans l’admiration derrière la bête… » Apo 13:3. Cette bête monte de la « mer » Apo 13:1, c’est-à-dire qu’elle s’inspire de l’humanité mouvante et sait répondre à ses passions, en persécutant les saints du Seigneur. Dans sa ruse, elle en vint jusqu’à pousser l’homme irrégénéré à aspirer même à Dieu, mais sans que sa vie soit changée, parce que l’orgueil, augmentant à proportion de son aspiration religieuse, le retient dans la mort spirituelle. Ainsi, ce besoin même cette envie « d’admirer » tout ce qui est nouveau, tout ce qui frappe les regards, aussi bien dans le domaine religieux qu’en ce monde est la particularité de ceux qui ont reçu la marque de la bête, « et qui l’adorent… » Apo 19:20. C’est en cela que se différencient les rachetés, pour lesquels tout ce qui est superficiel et vain, c’est-à-dire trompeur, ne les attirent plus désormais ; le Sceau de Dieu, les préservant de tout cela, fait qu’ils ne contemplent et n’adorent que Dieu.