M151 – L’OMBRE DU TOUT PUISSANT …

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  «  Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout-Puissant. Je dis à l’Éternel : Mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie… » Ps 91:1-2.

  « Dieu est Lumière », c’est ce que nous rappelle l’apôtre Jean : « La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres… » I Jean 1:5. Mais ce Dieu qui est « Lumière » nous assure aussi de Son « Ombre » comme étant « l’Abri du Très-Haut », où le racheté trouve le repos du cœur. L’Écriture ne dit pas que Dieu « est » ombre, mais qu’Il « fait » de l’ombre, et Il la suscite par les moyens qui lui sont propres, dans le but d’accomplir des Desseins particuliers. Moïse, avant de mourir et bénissant Israël, dit : « L’Éternel est venu de Sinaï, il s’est levé sur eux de Séïr, il a resplendi de la montagne de Paran, et il est sorti du milieu des saintes myriades : Il leur a de sa droite envoyé le feu de la Loi… » Deut 33:2. Ce même Dieu qui se montre dans tout Son Éclat dans cette circonstance, peut aussi être, dit le prophète, « un Dieu qui se cache… » Ésaïe 45:15. Et comment se cache-t-il ? L’Éternel « était monté sur un chérubin, et il volait, dit le Psalmiste, il planait sur les ailes du vent. Il faisait des ténèbres sa retraite, sa tente autour de lui. Il était enveloppé des eaux obscures et de sombres nuages… » Ps 18:11-12. Dieu parfois se cache, Il s’enveloppe de ténèbres, mais Il n’est jamais absent, car il est de la Nature de Dieu de pouvoir être, en même temps, Caché, Présent et Agissant. 

  Que ce soit l’ombre qu’il suscite, ou l’obscurité de la nuit dont il s’enveloppe, Dieu manifeste par elle Ses Desseins envers les Siens. Ainsi, à cause des murmures d’Israël contre Moïse et Aaron, Dieu ordonna de placer dans la tente d’assignation douze verges, représentant les douze maisons paternelles, et sur chacune les noms de ces maisons paternelles. « Le lendemain, dit l’Écriture, lorsque Moïse entra dans la tente du témoignage, voici, la Verge d’Aaron, pour la maison de Lévi, avait fleuri, elle avait poussé des boutons, produit des fleurs, et mûri des amandes… »  Et , après que Moïse les eut fait voir à tous les enfants d’Israël, l’Éternel lui dit : « Reporte la verge d’Aaron devant le témoignage pour être conservée comme un signe pour les enfants de rébellion, afin que tu fasses cesser devant moi leurs murmures, et qu’ils ne meurent point… » Nomb 17: 8-10. Durant la nuit, en effet, dans l’obscurité de la tente, la branche d’amandier avait surnaturellement fleuri et mûri. En l’absence de la lumière du jour, Dieu avait fait naître dans l’ombre la Puissance de Vie, et manifesté celui qui avait été appelé et sur lequel reposait l’autorité spirituelle du sacerdoce.

  A plusieurs reprises, cette manière d’agir de la part de Dieu se retrouve dans Son Plan de salut pour les hommes. En effet, à l’ange qui lui annonçait qu’elle enfanterait un fils, Marie répondit : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? Et l’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre… » Luc 1:34-35. Conception surnaturelle opérée dans l’ombre, d’où naîtra Celui qui est la « Lumière du monde ». Mystère divin, Sagesse d’En-Haut d’où nous vint Celui qui est la « Parole faite chair », lequel, dans le ciel et sur la terre, allait avoir le pouvoir de pardonner les péchés. Nous retrouvons ce Principe du Dieu vivant en tout autres circonstances dans la vie et le ministère des disciples. « Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, augmentait de plus en plus, dit l’Écriture, de sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre, au moins, couvrît quelqu’un d’eux… » Act 5:14-15. L’Onction du Seigneur reposait sur l’apôtre au point que, non seulement l’Esprit était dans sa bouche annonçant la Parole, mais aussi dans l’ombre même, que projetait sa personne sur ceux qui, autour de lui, recevaient la guérison et la délivrance. Des choses glorieuses se manifestaient dans « l’ombre » des apôtres, parce que ceux-ci demeuraient dans l’ombre de la Croix qui les gardait dans l’humilité, conscients qu’ils étaient que ces prodiges ne pouvaient provenir de leur propre puissance ni de leur piété, mais de Dieu. Et d’ailleurs, a-t-on déjà vu un homme se glorifier de son ombre ?

 Lorsqu’Israël, dans le désert, fut poursuivi par l’armée des Égyptiens, l’Écriture rapporte que la nuée qui les précédait, ainsi que l’ange, partit et se tint derrière eux : « Elle se plaça entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël. Cette nuée était ténébreuse d’un côté, et de l’autre elle éclairait la nuit. Et les deux camps n’approchèrent point l’un de l’autre pendant toute la nuit… » Exo 14:20. La présence de cette nuée éclairait les uns et obscurcissait les autres. Israël échappa à la destruction grâce aux ténèbres qui les cachaient, autant qu’à la lumière qui les guidait, ce qui explique le rôle des ténèbres dans leur délivrance. Nous voyons dans une tout autre circonstance la manifestation d’une ombre, plus exactement d’une nuée, toute lumineuse celle-ci. En effet, alors que Jésus, transfiguré, était avec Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui sur la montagne au sujet de Son départ de Jérusalem, « une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, dit l’Écriture, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le… ! » Lorsque Pierre, Jacques et Jean entendirent cette voix « ils tombèrent sur leur face, et furent saisis d’une grande frayeur… » Matt 17:5-6. Cette nuée les empêcha de voir, mais non pas d’entendre. Le resplendissement de la Transfiguration de Jésus fut si puissant, que la nuée fut rendue nécessaire pour ne laisser communiquer que ce qu’ils pouvaient recevoir, et comprendre.

  « L’ombre » est l’une des conditions à partir desquelles opère la Puissance de Dieu. Sans l’ombre, c’est-à-dire, sans le Mystère de Dieu, il n’y aurait pas, de notre part, cette recherche et cette attente des signes par lesquelles Son Amour se manifeste. « L’Éternel établira sur toute l’étendue de la montagne de Sion, et sur les lieux d’assemblées, une nuée fumante pendant le jour et un feu de flammes éclatantes pendant la nuit. Car tout ce qui est glorieux sera mis à couvert… » Ésaïe 4:5. La manifestation prophétique est si grande, dit le prophète, que l’Ombre de Dieu recouvre tout ce qui, venant de Lui, et trop éclatant à nos yeux, à ce qui échappe à notre compréhension limitée. Mais cette ombre, en même temps, renferme la Promesse de la Révélation par l’Esprit, qui seule ouvre les yeux du cœur assoiffé qui y aspire.

  L’Écriture dit, dans cette même pensée, que c’était « par beaucoup de paraboles de ce genre que Jésus annonçait la parole à la foule, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole ; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples… Marc 4:33-34. L’âme présomptueuse, pour qui tout est « clair », montre par-là qu’elle ne comprend pas selon l’Esprit, car, quand l’Esprit enseigne, il laisse toujours une part d’obscurité salutaire, sinon la Vérité éclatante de Dieu, au lieu d’éclairer, l’éblouirait, ce qui reviendrait au même résultat que celui d’être aveuglée. La parabole est l’ombre de la Lumière de la Parole, « tamisée » par les soins de Dieu, elle éclaire les yeux du cœur sans les blesser. Elle signifie également la Patience de Dieu envers nous, depuis le moment où une vérité est reçue dans notre cœur, jusqu’à celui où elle est vécue dans notre vie.

  Avant toute décision, ou toute œuvre importante, Jésus avait coutume de se retirer pour prier Son Père, la nuit ou tôt le matin, sur la montagne ou dans le désert. C’est ce qu’Il fit la veille de choisir Ses douze apôtres : Luc 6:12, ce qu’Il fit aussi avant de marcher sur la mer vers Ses disciples dans la barque, et de faire cesser le vent : Matt 14:23, ainsi qu’en Gethsémané, dans l’attente du  jugement et la crucifixion : Matt 26:36. Et, nous-mêmes, que de choses n’avons-nous pas à faire en demeurant dans l’ombre du lieu secret. Que ce soit pour pratiquer la justice : Matt 6:1, pour donner l’aumône ou l’offrande : Matt 6:2, pour le jeûne : Matt 6:18. Tout ceci dans cette attitude de prière, dont Jésus dit : « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra… » Matt 6:6. Le lieu secret où le regard de l’homme ne pénètre pas est l’intimité avec Dieu, où se révèle Sa Volonté. C’est là « l’Ombre du Tout-Puissant », laquelle, loin d’être stérile, est le creuset d’où jaillit la Gloire du Seigneur dans Ses Œuvres. C’est aussi notre silence envers autrui concernant ce que Dieu nous a dit ou promis de faire, jusqu’au jour où Ses Voies sont rendues manifestes, non pas nécessairement à tous les yeux, mais aux cœurs de ceux, auxquels Il a bien voulu les faire connaître. Une vérité est toujours tenue cachée a un croyant qui n’y aspire uniquement que comme une connaissance de plus, mais elle se révèle alors à lui lorsqu’il en arrive à ne plus pouvoir vivre sans elle.