M150 – CONDUITS …

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   « Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu… » Rom 8:12-14.

  Pouvons-nous, ou devons-nous être conduits en permanence par l’Esprit ? Beaucoup ont prétendu l’être, et sont tombés dans bien des désillusions à cause de leurs faiblesses. Il n’est d’ailleurs pas dans la Pensée de Dieu d’imposer une direction qui serait une direction tyrannique. Agir contre le gré d’une âme n’est, certes, pas le trait d’un Dieu de Bonté qui met toute Sa Gloire à être, non pas obéi servilement, mais aimé, adoré par ceux qui lui ont donné joyeusement leur vie. Des directives précises nous sont données par l’Esprit de Dieu, mais il se trouve que la Volonté de Dieu ne nous soit pas nécessairement exprimée de cette manière chaque jour, si ce n’est que nous avons tout simplement à marcher par la foi, sur la base de Sa Parole reçue et vécue dans l’Esprit. Dieu n’est pas tenu de nous dire à l’avance tout ce qu’Il a réservé ou décidé pour notre vie. Dieu reste le Maître dans Son Amour envers nous ; en effet, une relation avec Lui « sans mystères » nous enhardirait, non à Le prier, mais à exiger de Lui, et ce seuil dans notre pensée est vite franchi.

   Il n’est pas de direction d’En-Haut sans une communion profonde avec Dieu, telle que Jésus la vivait Lui-même : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement… » Jean 5:19. La vie dirigée par Dieu n’est pas une direction imposée, Jésus était « conduit », non pas « mené ». Même pour ce qui était du jour fixé où Il devait être crucifié, Jésus dit : « Il faut que je marche aujourd’hui, demain et le jour suivant ; car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem… » Luc 13:33. Par ce « il faut que » Jésus exprime, non pas une résignation, mais Son empressement à se soumettre à la Volonté de Dieu, afin d’accomplir le Plan du Salut dans Son Amour pour nous. La direction selon l’esprit ne correspond pas toujours aux circonstances ou aux priorités telles que nous-mêmes les considérons.

  À cet égard, et dans une autre circonstance, Jésus, est-il écrit, « vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche ; et, quand ils l’eurent trouvé, ils lui dirent : Tous te cherchent. Jésus leur répondit : Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis sorti… » Marc 1:35-38. « Tous te cherchent … », n’était-ce point là aussi des âmes en recherche ? Une soif spirituelle à laquelle il eût été urgent de répondre ? N’était-ce pas le signe, et le lieu d’un réveil ? C’est, sans doute, la pensée que nous aurions eue, et que nous aurions prise pour la direction de Dieu, mais Jésus s’en alla. Le Seigneur n’abandonne en aucun cas les âmes, mais Seul Il connait le temps où celles-ci, non seulement entendent la Parole, mais la recevront. La Direction divine prévaut sur les activités dans le service de la Parole de Dieu. Et le racheté attentif à la Voix de l’Esprit perçoit que tout besoin ici-bas, même criant, n’est pas nécessairement un appel, une direction de la part de Dieu pour agir, où pour partir.

  Jésus, aussitôt après Son baptême, « fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours… » Luc 4:1-2. Car Dieu, « pour et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils éleva à la perfection par les souffrances le Prince de notre salut… » Héb 2:10. Mais Il conduisit Son Fils, non pas dans un jardin d’Éden, mais dans le désert, non pas parmi les anges, mais en face du diable pour être tenté par lui, et cela, afin que notre Seigneur, triomphant du tentateur, nous rende capables, à notre tour, d’en être vainqueurs. Nous sommes conduits, parfois, dans des situations qui nous semblent contraires à ce que nous attendions de Dieu, afin que, en l’absence de tout autre appui, seule la Voix du Seigneur, nous appelle, ou nous rappelle à lui demeurer fidèle, en dirigeant nos pas dans Ses sentiers. Au sujet d’Israël infidèle, Dieu parlant par le prophète, dit : « C’est pourquoi voici, je veux l’attirer et la conduire au désert, et là je parlerai à son cœur… » Osée 2:16. Combien de fois, en de semblables circonstances, n’avons-nous pas nous aussi senti le besoin d’être conduits dans le désert, où notre chair dut faire silence pour y rencontrer Dieu, en étant seuls avec Lui, en vue d’être corrigés et consolés par Lui.

  Jésus dit : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit… » Jean 3:8. Le vent, c’est-à-dire, l’Esprit de Dieu, « souffle où il veut », et non pas où nous voulons. « Tu ne sais d’où il vient… », nous sommes appelés ici-bas à accepter de ne pas tout connaître des Intentions du Dessein que Dieu a formé en Lui-même pour notre vie. « Ni où il va… », dit encore Jésus, les étapes de notre, vie qui ne nous sont pas connues, augmentent d’autant plus notre foi en Celui qui ne déçoit jamais. Dieu seul connaît le commencement et la fin de toutes choses, et l’essentiel pour nous est d’être traversé par le souffle divin dans le moment présent, et entendre le « bruit » du vent, c’est-à-dire, la Voix de l’Esprit. Ce témoignage intérieur de la Parole de Dieu, et Sa Paix dans notre cœur atteste que nous marchons toujours dans le chemin de l’Esprit.

  S’il y eut un homme, d’entre les apôtres, qui connut et vécut selon l’Esprit de Dieu, ce fut bien l’apôtre Paul. Mais il apprit que le zèle pour apporter l’Évangile devait, lui aussi, être soumis à la Direction de ce même Esprit. En effet, lors d’un voyage missionnaire, Paul et ses compagnons, dit l’Écriture, se virent « empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la Parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de la Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie ; mais l’Esprit de Jésus ne leur permit pas. Ils franchirent alors la Mysie et descendirent à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, et lui fit cette prière : Passe en Macédoine, et secours-nous ! Après cette vision de Paul, nous cherchâmes aussitôt à nous rendre en Macédoine, concluant que le Seigneur nous appelait à y annoncer la bonne nouvelle… » Act 16:6-10. Non ! Ce n’est pas l’esprit du diable qui empêcha les apôtres de prêcher en Asie et d’entrer en Bithynie, mais c’est l’Esprit de Dieu, parce qu’il fallait, poussés par ce même Esprit et conformément à la vision de Paul, qu’ils passassent en Macédoine pour annoncer l’Évangile, accomplissant ainsi la Volonté de Dieu. Bien que conduits par l’Esprit, notre « zèle » peut être entravé, comme ce fut le cas ici, et c’est parfois grâce à des obstacles ou à des empêchements, que nous sommes enfin rendus attentifs à recevoir la bonne direction.

  Paul, s’adressant aux croyants de Rome, leur écrit : « Dieu que je sers en mon esprit dans l’Évangile de son Fils, m’est témoin que je fais sans cesse mention de vous, demandant continuellement dans mes prières d’avoir enfin, par sa volonté, le bonheur d’aller vers vous. Car je désire vous voir, pour vous communiquer quelque don spirituel, afin que vous soyez affermis… » Rom 1:9-11. « Par Sa Volonté… », « Je désire… », par ces deux expressions l’apôtre demande à Dieu de réaliser son bonheur d’être auprès de ses frères. C’est ici qu’interviennent la part de Dieu et la part de l’homme régénéré dans la compréhension de la direction de l’Esprit. L’important est donc que la Volonté divine et notre désir ne soient pas opposés entre eux, ni décalés dans le temps, mais se rencontrent au même moment dans la Pensée de Dieu, qui dirige toutes choses.

  « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, dit Jésus, il vous conduira dans toute la vérité… » Jean 16:13. La Vérité nous apporte la Promesse de l’Esprit, lequel, à son tour, nous communique la Lumière et la Force pour marcher en elle. L’homme conduit dans la Vérité est un homme « né de nouveau », né de l’Esprit, par lequel il est devenu une « nouvelle créature » en Jésus-Christ. Celui qui marche selon l’Esprit révèle, par là même, son identité d’enfant de Dieu, car « tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, dit l’Écriture, sont fils de Dieu… » Rom 8:14. La Nature de l’Esprit de Dieu en nous se révèle par cette inclination spirituelle à aimer faire Sa Volonté, inclination qui rend témoignage de notre identification avec Lui. Cette disposition intérieure d’écoute résulte du brisement par la Croix de l’impatience de notre chair, si souvent confondue avec le zèle pour le Seigneur.