M148 – UN SACRIFICE DE LOUANGE …

 

Format PDF

    « Les corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur, pour le péché, sont brûlés hors du camp. C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire, le fruit de lèvres qui confessent son nom… » Héb 13:11-15.

   C’est par le moyen des divers sacrifices et offrandes que le peuple d’Israël demeurait en relation avec Dieu. Ceci se perpétua jusqu’à Christ, l’Agneau de Dieu, qui « entra une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle… » Héb 9:12, car Christ « par une seule offrande, a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés… » Héb 10:14. Désormais, la nécessité d’un sacrifice sanglant n’a plus lieu d’être, car « là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus (besoin) d’offrande pour le péché… » Héb 10:18. Les sacrifices et les offrandes étaient donc, dit l’Écriture, « des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation… » Héb 9:10. Les prophètes anciens avaient déjà perçu et soupiré après cette réformation spirituelle, dont le Psalmiste, par la bouche duquel Dieu Lui-même dit : « Est-ce que je mange la chair des taureaux ? Est-ce que je bois le sang des boucs ? Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, et accomplis tes vœux envers le Très-Haut… », et encore : « Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie… » Ps 50:13, 23. Ainsi, les sacrifices sans cesse répétés dans l’alliance de la Loi devinrent dans l’alliance de la Grâce des louanges continuelles, de nos cœurs par notre bouche. Dès lors, c’est par l’Esprit de la Grâce que nous offrons « ce sacrifice de louange : fruit de nos lèvres qui confessent son Nom… »

    La victoire proclamée par ce « sacrifice de louange » vient du fait que, « puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière (les sacrifices d’animaux)… », il était donc nécessaire que « les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents (le Sacrifice du Christ) que ceux-là… ». Héb 9:23. Ces « Images célestes » furent représentées par « l’aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur  tous les ustensiles du culte… » Héb 9:21. Quant aux « choses célestes » elles-mêmes, le Sacrifice de Jésus, dont le Sang purifia notre cœur du péché, effaça toute trace de rébellion dans le ciel, après que Satan eut été précipité à terre par Dieu : Ezé 28:16-17, et ceci « en dépouillant les dominations et les autorités, et les livrant publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix… » Col 2:15. La louange qui plaît au cœur de Dieu est donc celle qui vient du cœur lavé par le Sang de la Croix, et qui a reçu l’Esprit de vie, par lequel le racheté célèbre Son Sauveur.

    Les voix des rachetés s’unissent aux voix du Chœur des anges dans une même adoration, sachant  qu’il y a « de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent… » Luc 15 :10. Car c’est dans les choses «… annoncées maintenant par ceux qui prêchent l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, que les anges désirent plonger leur regard… » I Pier 1:12. Les louanges et les actions de grâces sont aussi incluses dans « la sagesse infiniment variée de Dieu… » Eph 3:10. Ainsi, non seulement les anges de Dieu, mais encore les esprits méchants savent que nous connaissons et vivons la victoire en Christ sur le péché, sur le monde et sur Satan ; et si la proclamation de cette victoire est pour nous une joie infinie, elle est, au contraire, pour l’adversaire un sujet de terreur. « Je m’écrie : Loué soit l’Éternel ! Et je suis délivré de mes ennemis… » Ps 18:4, dit le Psalmiste, et encore : « L’Éternel a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une louange à notre Dieu ; beaucoup l’ont vu, et en ont eu de la crainte, et ils se sont confiés en l’Éternel… » Ps 40:4. Les louanges de David à Dieu qui le protégeait ont modifié l’attitude de ses adversaires spirituels et terrestres, à cause de la crainte qu’elles leur causaient. Combien plus cette Victoire de la Croix et l’Autorité du Nom de Jésus inspirent-elles la terreur au diable et aux démons, au sujet desquels les louanges annoncent le Jugement à venir.

   S’il est donc une arme la plus puissante soit-elle entre nos mains, ou dans nos bouches, et que Satan redoute le plus, c’est bien la louange au Seigneur de Gloire. Et l’adversaire le sait si bien qu’il met tout en œuvre, soit pour l’éteindre jusqu’à la rendre inexistante, soit pour la détourner de Celui qui seul doit être glorifié. Il est, en effet, d’innombrables causes qui réduisent la louange à une habitude creuse, ou alors à rechercher une certaine exaltation, ou, à l’inverse, à une notion de rendement dans l’œuvre de Dieu, au point de considérer l’activité comme étant plus « productive » que la louange, et même plus que la prière. La louange et l’adoration sont les paroles de notre amour en réponse à l’Amour de Dieu qui « nous a aimés le premier… » I Jean 4:19. Nous célébrons la Seigneurie de Jésus, Sa Bonté, Sa Majesté, et cela le diable ne peut le supporter, car cela lui rappelle que le Seigneur a triomphé de lui. L’on comprend alors pourquoi le racheté qui prie et qui loue peut être l’objet de tant d’attaques. La fatigue, le souci, la déception, la souffrance ou le ressentiment sont autant d’occasions données à l’adversaire contre le croyant. Mais, en pareils cas, point n’est besoin de montrer à ceux qui ont véritablement connu l’Amour de Dieu, combien la louange a pour résultat « la Joie de l’Éternel qui est notre force… » Néh 8:10.

   Là où il ne peut faire taire la louange, le diable en altérera la nature spirituelle, ou la poussera à ses extrêmes. Il cherchera à faire en sorte que ce soit, non pas Dieu qui est loué, mais l’homme qui, inconsciemment, se loue lui-même. De plus en plus, en effet, l’accent est mis sur la cohésion du groupe qui loue. Un étrange besoin sécurisant de se « sentir » un, est requis de la part du conducteur ou réclamé par les membres, au point d’en arriver à une sorte de fusion des âmes plutôt qu’à une saine communion avec Dieu. La louange devient alors, non pas la reconnaissance exprimée au Seigneur, mais la recherche d’un sentiment de bien-être qui est ressenti, à tort, comme étant un signe de la Présence de Dieu. C’est pourquoi l’apôtre écrit : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant   des   mains   pures,   sans   colère   ni   mauvaises   pensées… » I Tim 2:8. Les rachetés prient et louent les mains levées, et non pas en se tenant ou en se reliant les uns aux autres par elles. Ce contact physique, bien que mû par un sentiment fraternel, est chargé d’un courant émotionnel qui dénature la communion spirituelle et dissipe la Présence de l’Esprit-Saint, dont on perçoit l’absence une fois la louange terminée. Il est à remarquer que Satan requiert cette sorte de contact physique de la part de ceux qui l’invoquent. L’Esprit de Dieu nous donne donc de faire la distinction entre la communion spirituelle et la communication naturelle, et cela afin que nous soyons gardés de toute communion « horizontale » selon la chair qui prendrait la place de la communion « verticale » par l’Esprit de Dieu, duquel, dit l’Écriture « … toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation… » Jac 1:17.

   Dieu nous accorde des grâces particulières au milieu de situations difficiles ou douloureuses, dans lesquelles s’élèvent de nos cœurs des louanges, qui ne peuvent qu’être épurées, comme nos prières d’ailleurs. Ce n’était pas, en effet, un lieu favorable ni une ambiance propice lorsque Paul et Silas, leurs vêtements déchirés, chargés de coups, furent jetés dans la prison intérieure, les fers aux pieds. Cependant, loin de s’apitoyer sur eux-mêmes, les apôtres « vers le milieu de la nuit, priaient et chantaient les louanges du Seigneur, et les prisonniers les entendaient… ». Et c’est alors qu’il se fit « un grand tremblement de terre, en sorte que les fondements de la prison furent ébranlés ; au même instant, toutes les portes s’ouvrirent,  et  les  liens  de  tous les  prisonniers  furent  rompus… » Act 16:22-26. C’est aussi lors de telles louanges que s’opère, au temps de Dieu, la délivrance des âmes captives de Satan, délivrance aussi des rachetés dont la vie spirituelle a besoin d’être visitées par l’Esprit-Saint de la part de Celui qui a dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre… » Matt 28:18. Nos louanges, c’est un cri de confiance, qui reconnaît les événements heureux et douloureux comme étant connus de Dieu, de qui notre faiblesse reçoit la force quotidienne.