M146 – L’ ESPÉRANCE …

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  « L’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné… » Rom 5:5.

  Qu’il ait peu ou beaucoup, le cœur de l’homme s’attache, non seulement à ce qu’il possède, mais, plus encore, à ce qu’il n’a pas et qu’il espère obtenir, et cela en maints domaines de sa vie. En l’âme se trouve une espérance inconsciente, qui subsiste comme une trace qu’elle ne peut effacer de la relation avec Dieu, rompue depuis la transgression d’Adam, mais rétablie par Jésus-Christ. Cependant, ce mouvement de l’âme, tout à fait légitime peut être inspiré par un mobile, qui n’est pas pur ou dirigé vers un but qui n’est pas le bon. De là les espérances vaines et trompeuses. « Or, l’espérance (qui vient de Dieu) ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit… ». Jésus est le Don de l’Amour de Dieu, et c’est par cet Amour reçu dans nos cœurs, et par lequel Dieu nous a donné Jésus, que nous espérons en Lui. Car l’Espérance prend sa source dans l’Amour divin, dont elle possède la Nature éternelle.

 C’est donc sur Jésus crucifié et ressuscité que repose notre espérance. Car, contrairement aux espoirs de l’homme qui reposent sur le vide, l’espérance des choses promises par Dieu repose sur l’annonce de celles-ci de la part de Dieu, qui en révélera en Son temps l’accomplissement. C’est donc à partir de ce qui a été dit, et non de ce que nous souhaitons, que nous pouvons espérer ce qui sera. Ceci se révèle déjà dans les manifestations de la Nature du Seigneur disant : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin… » Apo 22:13. Celui qui, en effet, est l’Alpha, le Premier et le Commencement ne décevra jamais, parce qu’il est également l’Oméga, le Dernier et la Fin, garantissant, par-là, l’aboutissement des choses espérées. L’un ne saurait être sans l’autre, l’Alpha est accompli dans l’Oméga et l’Oméga est garanti par l’Alpha. Le Seigneur Dieu qui se présente comme étant : « Celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant… » Apo 1:8, nous révèle que ce qui, en Lui, « est » et « était » assure l’accomplissement de ce qui « vient »  et  « sera » de Lui. Ce sont là les Manifestations du Dieu vivant œuvrant d’âge en âge, le Dessein de Dieu qui traverse l’histoire de la vie de l’Église, et l’histoire de notre vie à chacun de nous jusqu’à celle à venir. La foi repose sur une base acquise et présente : celle du pardon de nos péchés par le Sacrifice de Jésus. L’espérance, elle, tel un fil attaché aux deux extrémités, repose sur ce qui a été annoncé hier et qui sera accompli demain, et qui peut l’être aujourd’hui selon que Dieu le veut. C’est la seule démarche spirituelle qui nous invite à regarder, à la fois, et derrière nous et devant nous en vue de notre avancement spirituel.

   Parmi les réalités spirituelles qui constituent notre espérance, la plus grande est celle de la Vie éternelle. Dieu, dit le sage, a mis dans le cœur de l’homme la « pensée de l’éternité… » Ecc 3:11. Cette pensée habite l’homme de tous temps, et a été déjà profondément exprimée par Job : « Si l’homme une fois mort pouvait revivre, j’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, jusqu’à ce que mon état vînt à changer… » Job 14:14. Puis, un peu plus tard, se reprenant, il s’écrie : « Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; quand je n’aurai plus de chair, je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; mes yeux le verront et non ceux d’un autre ; mon âme languit d’attente au-dedans de moi… » Job 19:25-27. Ainsi, « l’espérance qui nous est réservée dans les cieux… » Col 1:5 n’est ni une évasion ni un temps stérile. Car s’il est, en effet, des « œuvres mortes », dont notre conscience a été purifiée par le Sang de Christ Héb 9:14, il n’est, en aucun cas, question « d’espérance morte », au contraire, « Dieu nous a régénérés pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ… » I Pier 1:3. Et pour que notre espérance soit vivante, il est nécessaire que ce sur quoi elle repose soit invisible ici-bas ; car c’est de l’absence même de la chose attendue que nous tirons la raison et la force d’espérer en elle, ainsi que le dit l’Écriture : « C’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance… » Rom 8:24-25. 

  Dans l’en-tête de l’épître adressée à Tite, Paul se présente comme étant « … serviteur de Dieu, et apôtre de Jésus-Christ pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété, lesquelles reposent sur l’espérance de la vie éternelle, promise dès les plus anciens temps par le Dieu qui ne ment point… » Tite 1:1-2. Il ressort dans ce cas particulier que ce n’est  pas l’espérance qui repose sur la foi, mais la foi, qui est vivifiée par l’« espérance » de la vie éternelle. Certes, notre foi en Christ agit de telle sorte que ce que nous espérons nous appartienne. Mais l’espérance même est la motivation et la source de la foi, elle est l’assurance, qui éclaire la réalité de cette foi, qui, précisément, dit l’Écriture « est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas… » Héb 11:1. La foi ne réalise que ce qui est… espéré.                                                                                                                   

  La Parole déclare que « … tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance… » Rom 15:4. Les beautés de la création se montrent à nous sous les couleurs les plus diverses. A notre connaissance, il est des couleurs fondamentales, et d’autres qui sont le résultat des mélanges de deux ou de plusieurs couleurs. En effet, le mélange du jaune et du bleu donne le vert ; ainsi en est-il de bien des vérités spirituelles. Des paroles même de l’apôtre, il ressort que c’est de l’union de la « patience » dans l’épreuve et de la « consolation » du Jour, où « Dieu essuiera toute larme de nos yeux… » Apo 21:4, que déjà se vit notre espérance. Cette vérité est riche de sens, et elle se vérifie en maints domaines dans la Parole et dans la vie spirituelle. Elle nous apprend aussi que la force d’une vertu spirituelle indique aussi la force des autres vertus qui la composent, ou qui lui sont proches.

   L’espérance est la force stimulante de notre piété et de notre vie spirituelle, en effet, « Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, écrit l’apôtre, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes… » I Cor 15:19. D’où il s’ensuit que la foi faiblit quand l’espérance est voilée, car les soucis de cette vie, les tentations de ce monde et les sollicitations de la chair obscurcissent dans notre cœur la vision du ciel. C’est cet ardent désir spirituel de rencontrer « Celui que nous aimons sans l’avoir vu, et en qui nous croyons sans le voir encore… » I Pier 1:8, qui nous préserve de tout ce qui est visible et de l’attrait religieux pour les formes creuses. Nous, dont « le seul refuge, dit l’Écriture, a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur… » Héb 6:18-20. Ainsi « nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire (céleste) par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair… » Héb 10:19-20, et, derrière ce voile déchiré… le ciel même, de là l’exclamation de l’apôtre Paul : « Christ en vous, l’espérance de la gloire… ! » Col 1:27. Aussi sommes-nous dans une immense allégresse, car, par la même route et au travers du même voile, nous rejoindrons l’ancre elle-même de notre espérance dans le lieu où Christ nous a précédés. Et d’où Il nous soutient par Sa Parole et Son Esprit, qui assurent nos pas, en ce moment même, au travers de nos épreuves, de nos attentes et de nos joies. Heureux celui pour qui l’espérance est plus grande, que tout ce à quoi il a dû renoncer, il conservera alors le meilleur qui ne peut lui être ravi.