M131 – COMME ILS ONT VOULU …

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   « Les disciples lui firent cette question : Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement ? Il leur répondit : Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé ? Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui… » Marc 9:11-13.

  Cet Élie, dont parle Jésus, n’est autre que Jean-Baptiste. Ce prophète, ayant repris le roi Hérode qui avait épousé Hérodias, femme de Philippe son frère, fut, à l’instigation de cette dernière,  décapité. Et ceci, le jour anniversaire d’Hérode, par suite des serments faits par celui-ci à la fille d’Hérodias, qui, par ses danses, lui avait plu : Marc 6:17-28. Et Jésus, « ayant appris, dit l’Écriture, que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée… » Matt 4:12. La vie du prophète était désormais entre les mains des hommes, d’où les Paroles de Jésus : « Ils l’ont traité comme ils ont voulu… ». Jean-Baptiste eut donc une destinée tragique, mais ce qui est le lot des prophètes peut l’être également des croyants. La Manière d’agir de Dieu est parfois mystérieuse, mais nous qui ne sommes pas toujours maîtres de nos actions, et moins encore de nos réactions, comment pourrions-nous prétendre être en mesure de comprendre les Pensées de Dieu qui est dans les cieux ? Aussi, avant de s’interroger sur les événements pour en tirer des conclusions hâtives, interrogeons les Écritures, disant que Jésus, après s’être retiré en Galilée « quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaûm, située près de la mer, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète : « Le peuple de Zabulon et de Nephthali, de la contrée voisine de la mer, du pays au-delà du Jourdain et de la Galilée des Gentils, ce peuple, assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière ; et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort, la lumière s’est levée… » Matt 4:12-16. En fait, Jean le prophète, Hérode le despote, Hérodias l’adultère, et sa fille frivole ont, chacun d’entre eux, tenu leur place dans la succession des événements qui conduisirent Jésus à l’accomplissement de la prophétie d’Ésaïe. Si l’on ne regarde que le côté dramatique des choses, il y aurait lieu d’être bouleversés, mais la Révélation des Desseins de Dieu nous aide à voir au-delà des événements, nous apportant, en même temps, la force d’en  supporter les épreuves.

   Il peut paraître surprenant qu’un homme, envoyé par la Volonté de Dieu, puisse être « victime » de la volonté des hommes. Le sage déjà écrivait : « Il est une vanité qui a lieu sur la terre : c’est qu’il y a des justes auxquels il arrive selon l’œuvre des méchants, et des méchants auxquels il arrive selon l’œuvre des justes… » Ecc 8:14. En vérité, c’est une constatation objective, mais non spirituelle des choses. Jean-Baptiste, pour ce qui est de lui, n’a pas été ravi de la Main de Dieu pour tomber entre les mains des hommes avec des conséquences qui « s’opposent » à la Volonté divine. Dieu n’a pas « lâché » son prophète. Au contraire, dans ce qui est perçu comme étant voulu par les hommes, selon les Paroles mêmes de Jésus, c’est toujours et encore la Volonté de Dieu qui se manifeste sous cette autre forme. Nous avons des idées toutes faites, nos propres pensées sur les choses de Dieu au point que, lorsqu’elles ne se manifestent pas sous la forme convenue ou fixée d’avance, nous ne les apercevons pas, ou ne les comprenons pas : « Dieu dit l’Écriture, parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend point garde… » Job 33:14. Mais c’est, parfois, au travers d’événements heureux ou douloureux, victorieux ou injustes, ou même sans gloire, que le Seigneur fidèle « nous conduit au port désiré… » Ps 107:30.

   Dieu, qui est grand, nous conduit à Le voir dans ce qui est simple, dans ce qui, parfois, ne lui « ressemble » pas. Jésus, appelé « Emmanuel… Dieu avec nous » naquit dans une crèche, dans une étable : Luc 2:6. La Volonté de Dieu s’accomplit au travers de circonstances, parfois, les plus imprévues, Achab, roi d’Israël, invita Josaphat, roi de Juda, pour monter avec lui contre le roi de Syrie. Pour aller au combat, Achab se déguisa, tandis qu’il invita Josaphat à se revêtir des habits de son rang. Les Syriens, prenant Josaphat pour le roi d’Israël, l’attaquèrent, mais « Josaphat poussa un cri, et l’Éternel le secourut, et Dieu les écarta de lui… » II Chro 18:31. Alors, dit l’Écriture « un homme tira de son arc au hasard et frappa le roi d’Israël au défaut de la cuirasse… », et il mourut : I Rois 22:34. Ce subterfuge d’Achab ne put empêcher la Parole de Dieu prononcée par le prophète Élie de s’accomplir à son égard, disant : « Ainsi parle l’Éternel : Au lieu même où les chiens ont léché le sang de Naboth (que le roi d’Israël, à l’instigation de sa femme Jézabel, avait fait lapider pour lui prendre sa vigne), les chiens lécheront aussi ton propre sang… » I Rois 21:19. D’où l’on voit que Dieu, par le « hasard »  même, déjoue les ruses de l’homme. Ailleurs encore, et plus anciennement, l’Écriture nous rapporte que Ruth, la Moabite « … alla glaner dans un champ, derrière les moissonneurs. Et il se trouva par hasard que la pièce de terre appartenait à Boaz, qui était de la famille d’Élimélec… » Ruth 2:3. Dans ces deux cas, en des circonstances et des temps différents, la situation a été perçue comme relevant du « hasard » ; une compréhension superficielle traduirait, en effet, ces événements comme tel. Cependant, ce « hasard » fit que Ruth glana dans un champ sans savoir à qui il appartenait, et dans lequel elle rencontra Boaz, le propriétaire, qui l’épousa, et à qui elle enfanta Obed, qui engendra Isaï, lequel, à son tour, engendra David, de qui descend Jésus le Messie, notre Sauveur et Seigneur… ! Ce sont là des « hasards » de Dieu, qui n’en sont point.  Nous nous attendons à ce que Dieu révèle Sa Volonté d’une manière claire, avec passages et références de l’Écriture, ou avec des convictions intérieures inébranlables certes, mais d’après nos propres normes spirituelles. Or, quand nous lisons certains événements de la vie des patriarches, des juges, des rois ou des prophètes, il nous apparaît que le Plan de Dieu, souvent, s’inscrit dans des événements bien terre à terre, insolites, inattendus ou même cruels. Mais combien de choses inattendues ou imprévues, que nous nommons coïncidences ou « hasards », ont pu changer le cours même de nos vies.

   En face des diverses réactions que suscitent les événements de la vie, il est bon de connaître quelles sont l’Attitude et la Pensée du Seigneur à l’égard de ces choses. Quelques personnes rapportant à Jésus « ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices, Jésus leur répondit : Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Où bien ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également… » Luc 13:1-5. Nous autres, humains, et c’est bien naturel, nous nous arrêtons à l’événement lui-même, tragique, en effet, mais en se demandant peut-être, où est Dieu, ou quelle est Sa Volonté dans tout cela ? Mais c’est oublier que « le monde entier est sous la puissance du malin… » I Jean 5:19, et que le cœur de l’homme est sujet à l’errance, et qu’ainsi la Vérité de Dieu ne peut délivrer, souvent, qu’au travers de heurts et de douleurs des âmes, qui, soit se meuvent à contre-courant de la Volonté de Dieu, soit, au contraire, sont persécutées parce qu’elles y obéissent. Ainsi, Jésus voit dans les martyrs de la Galilée et dans les victimes de la tour de Siloé des signes, dont Il donne, aux vivants présents et à venir, une révélation  éclairante.

   C’est ainsi que Jésus « lit » les événements. Ce qui arrive aux uns parle aux autres. Ce qui est donc une déception, une souffrance, un accident ou un acte de cruauté devient un appel, ou un rappel à réveiller nos cœurs pour s’en remettre entièrement à Dieu. Si nous ne nous repentons pas de nos négligences et de nos désobéissances, la soudaineté des événements ne nous laissera pas non plus le temps de nous préparer, ou de réparer. Ainsi, en toutes circonstances, il est des événements qui s’insèrent dans la Volonté de Dieu, qu’il y a lieu de ne pas négliger et qui nous appellent à être attentifs, même s’ils nous apparaissent comme étant des « hasards ». Dieu, dans Sa Miséricorde envers nous, nous fait voir, sous les faiblesses et les vicissitudes de nos vies, Ses Actions méconnues jusqu’alors, qui œuvrent inlassablement dans le but de nous conduire, en nous rendant semblables à Christ, à Son Royaume et à Sa Gloire.