M127 – L’ACCUSATEUR …

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    « Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort… »  Apo 12:10-11.

   Séducteur, menteur, meurtrier, parmi tous ces attributs du diable, il en est un, et non des moindres, qui est celui d’être « l’accusateur des frères », c’est-à-dire, de ceux qui, précisément, ont été justifiés par la foi dans le Nom de Jésus. Dans le livre de Job, L’Éternel dit à Satan : « D’où viens-tu… ? », celui-ci lui répondit : « De parcourir la terre et de m’y promener… » Job 1:7. Et l’Éternel, lui faisant remarquer la droiture de son serviteur Job, Satan lui répondit : « Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l’œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudit en face… » Job 1:9-11. Puis, après de grandes épreuves dans lesquelles Job demeura fidèle, Satan revint a la charge, et dit : « Peau pour peau ! Tout ce que possède un homme, il le donne pour sa vie. Mais étends ta main, touche à ses os, et à sa chair, et je suis sûr qu’il te maudit en face… » Job 2:4-5. Jusqu’alors, Job avait perdu ses troupeaux, ses biens et surtout  tous ses enfants, dès lors, ce sera sa santé même, par une cruelle maladie. Job souffrit de la sorte, non parce qu’il caressait un péché caché, mais, tout simplement, parce qu’il était, malgré ses faiblesses humaines, « juste » aux yeux de Dieu, selon la mesure de foi et de connaissance qu’il avait reçue de Lui ; ce que, d’ailleurs, l’Éternel Lui-même déclare à Satan : « Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. Il demeure ferme dans son intégrité, et tu m’excites à le perdre sans motif… » Job 2:3. Job fut donc seul sur la terre à lutter ; ses amis ne surent que l’accabler, et la seule exhortation que lui donna sa femme, fut : « Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs… ! » Job 2:9. De toute sa famille, en effet, seule sa femme, qui ne lui fut d’aucun secours, lui resta. Mais, « En tout cela, dit l’Écriture, Job ne pécha point des lèvres, et n’attribua rien d’injuste à Dieu… » Job 1:22.

   Ceux qui veulent être fidèles au Seigneur sont en butte aux traits du malin. Ceci s’explique par le fait que, voulant marcher dans la lumière, les justes sont autant d’étoiles brillantes dans la nuit de ce monde, qui « blessent » les yeux du « Prince des ténèbres ». Alors le dessein de Satan est de chercher à éteindre, ou à ternir le témoignage de ceux qui reflètent la Lumière de Dieu dans leur vie. Le prophète Zacharie, dans l’une des visions qu’il reçut, dit : « L’Éternel me fit voir Josué, le souverain sacrificateur, debout devant l’ange de l’Éternel, et Satan qui se tenait à sa droite pour l’accuser. L’Éternel dit à Satan : Que l’Éternel te réprime, Satan ! Que l’Éternel te réprime, lui qui a choisi Jérusalem ! N’est-ce pas là un tison arraché du feu ? Or Josué était couvert de vêtements sales, et il se tenait debout devant l’ange. L’ange, prenant la parole, dit à ceux qui étaient devant lui : Ôtez-lui les vêtements sales ! Puis il dit à Josué : Vois, je t’enlève ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête… » Zac 3:1-4. Satan accuse les saints, non parce que ceux-ci pensent être plus parfaits que les autres hommes, mais parce qu’ils sont plus conscients de ne pas l’être. Le croyant charnel, qui se satisfait de son état, ne saurait être la cible de « l’accusateur ». Il n’a pas même besoin de l’être, car en demeurant tel qu’il est, c’est-à-dire, tiède ou éteint, ce croyant ne dérange ni Satan ni les hommes animés par lui, alors qu’une conscience purifiée, sensible à la Voix de l’Esprit de Dieu est d’autant plus affectée par la méchanceté de l’adversaire.

    Jésus dit à ses disciples : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait… » Jean 15:18-19. Les Paroles de Jésus révèlent ce qui anime le monde à l’encontre des rachetés. La haine du monde vient de ce que l’enfant de Dieu échappe au contrôle du « Prince de ce monde ». Ainsi, ne pouvant assujettir le racheté à son royaume, le diable cherche alors à l’amoindrir, en faisant ce qui fait le plus mal à ce qui est le plus vrai dans son cœur, c’est-à-dire, à ce qui est irréprochable  dans sa vie. Certes, lorsqu’il s’agit de critiques ou de blâmes résultant d’un comportement qui n’est pas à la Gloire de Dieu, l’on ne peut qu’en être attristé et amené à la repentance, mais lorsqu’il s’agit d’accusations du diable, sans aucun fondement, l’on ne peut que s’en réjouir, car il n’y a que ceux qui ne lui appartiennent pas qui attirent son « attention », et ses « traits enflammés » Eph 6:16.

  Gardons-nous de penser que la haine du monde soit nécessairement proportionnelle à notre spiritualité, et, surtout, de mesurer notre vie spirituelle par rapport à sa haine. Il est, en effet, des périodes, des temps de réveil où le monde a une « bonne opinion » des croyants. Il est rapporté au sujet des apôtres et des croyants de l’Église primitive qu’ « ils trouvaient grâce auprès de tout le peuple… », et, encore, que « le peuple les louait hautement… » Act 2:47 et 5:13. Mais ces temps particuliers ne sont pas faits pour durer, et cela s’est vérifié dans tous les siècles jusqu’aujourd’hui. La raison en est que, dans un premier temps, l’homme irrégénéré admire les vertus du vrai croyant, cependant, comme il ne peut les obtenir ni y parvenir s’il ne change pas lui-même aussi de vie, il choisit alors de les ignorer. Mais comme il ne peut nier ces vertus, soit il calomnie ceux qui les possèdent, comme si ces vertus devaient cacher quelque vice inavouable, soit il les méprise en cherchant à les faire disparaître, de là la persécution. Ainsi, ce qui a commencé par être un sujet d’admiration devient vite un objet d’accusation et de rejet. « Si l’on bénit son prochain à haute voix et de grand matin, cela est envisagé comme une malédiction… » Prov 27:14. A l’écoute des paroles du sage, nous savons nous-mêmes de combien de changements le cœur humain est capable du matin…  au soir.

  Nous avons vaincu « l’accusateur », est-il écrit, « à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de notre témoignage… » Apo 12:11. Notre parole tire son autorité du Sang, et la victoire du Sang de Jésus sur « l’accusateur » consiste en ce que le Sang est le signe manifeste de la mort de Celui qui, justement « … par sa mort, a anéanti celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire, le diable… » Héb 2:14, rendant ainsi inefficaces  les  accusations  de  celui  qui  est « … menteur et père du mensonge… » Jean 8:44. Il est écrit, en effet, que « … nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair… » Héb 10:19-20. Ainsi, le sang, nous ayant lavés de nos péchés, l’obstacle est donc levé entre Dieu et nous. L’Écriture déclare que « … nos péchés témoignent contre nous… » Es 59:12, mais, ceux-ci ayant donc été ôtés, ils ne nous « accusent » plus devant Dieu, et le diable le sait également. Alors « l’accusateur », prenant, en quelque sorte, le relais de nos péchés, nous accuse lui-même à leur place, voulant, par ses accusations, « reconstituer » mensongèrement nos anciens péchés qui témoigneraient de nouveau contre nous. Le diable essaiera toujours d’exhumer les œuvres mortes du « vieil homme », lequel cependant est mort à la croix, et ceci afin de raviver des anciennes blessures dans notre conscience, mais notre témoignage, face à Satan, de l’Œuvre libératrice de la Parole du Seigneur et de Son Sang triomphent des craintes et des chutes.

   L’Écriture déclare : « … Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses… » I Jean 3:20. Ne nous laissons donc pas condamner par nous-mêmes ! Donnerions-nous plus d’attention à notre propre voix qu’à la Voix de Dieu… ? Aussi l’Écriture dit-elle encore : « … Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu… » I Jean 3:21. Heureux donc celui qui écoute, non son propre cœur qui le condamne, mais Dieu qui pardonne.