M121 – SUR LE SABLE …

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      « … C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande… » Matt 7:24-27.

     Sur le roc ou sur le sable… ? Il ne viendrait à l’idée de personne de bâtir ailleurs que sur le roc. La maison la plus modeste, en effet, requiert des fondations, base fondamentale de toute construction. Ceci est la révélation reçue par l’apôtre Paul concernant l’édification spirituelle des croyants, et, de là, de l’Église du Seigneur : « Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, écrit-il, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ… » I Cor 3:10-11. S’adressant à l’Église de Corinthe, l’apôtre parle ici de personnes qui ont reçu le fondement. Et c’est à partir de ce fondement posé dans la vie de ces rachetés, que l’apôtre les exhorte à bien discerner les matériaux avec lesquels bâtir, afin qu’ils soient de la même nature spirituelle que le Fondement qui est Christ, c’est-à-dire, des matériaux nobles, inspirés par Lui, tels que : « l’or, l’argent et les pierres précieuses… » à distinguer des matériaux communs, tels que : « le bois, le foin et le chaume… » I Cor 3:12. Jésus nous parle de ce sur quoi la maison doit être bâtie, de ce roc taillé qui est le Fondement de la Parole, et l’apôtre met l’accent sur la manière de bâtir la maison sur le Fondement. Merveilleuse et profonde unité de l’Enseignement divin nous exhortant à « être édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire… » Eph 2:20.

    Jésus nous parle de deux maisons, l’une résiste aux éléments, l’autre s’écroule. Et Jésus nous enseigne que, dans ce cas précis, le vice de forme réside, non pas dans la construction de la maison elle-même, mais dans la base sur laquelle elle repose. En fait, elle n’a pas de fondement, elle est simplement posée « sur le sable », elle n’est fixée à rien. Or, d’après les Paroles de Jésus, ces deux maisons nous sont présentées comme étant semblables, le même aspect visible de leur construction les fait apparaître aussi solides l’une que l’autre, l’une sur le roc et l’autre sur le sable. Et c’est le cas, car tout se bâtit déjà sous la surface du sol, au-delà des choses visibles. Il en est ainsi parmi les croyants ; deux personnes entendent le même appel, reçoivent le même enseignement, et marchent dans la même direction, jusqu’au jour où l’une d’elle continue seule, tandis que l’autre s’arrête… ! Le problème réside, non pas dans la Parole qu’elle a entendue, mais dans la manière dont elle l’a reçue.

    L’Écriture rapporte que le Roi David et le peuple d’Israël eurent à cœur de transporter l’Arche de Dieu dans la cité de David, en la mettant « sur un char neuf… » II Sam 6:3. Mais David n’osa point l’y introduire, car, en chemin, « lorsqu’ils furent arrivés à l’aire de Nacon, dit l’Écriture, Uzza étendit la main vers l’arche de Dieu et la saisit, parce que les bœufs la faisaient pencher. La colère de l’Éternel s’enflamma contre Uzza, et Dieu le frappa sur place à cause de sa faute. Uzza mourut là, près de l’Arche de Dieu… » II Sam 6:6-7. Or, la faute d’Uzza fut aussi le résultat de la désobéissance des anciens d’Israël, car les Khéhatites, d’entre les fils de Lévi, devaient porter l’Arche de Dieu, et les choses saintes, non pas sur des chars, mais « sur leurs épaules, avec des barres comme Moïse l’avait ordonné d’après la Parole de l’Éternel… » Nomb 7:6-9 et I Chro 15:15. L’Écriture nous apprend par cet événement que ce qui était divin reposait sur ce qui ne l’était pas, avec, pour conséquence de cette inconséquence, la mort d’un homme. Ainsi, les Choses de Dieu, Sa Parole comme Son Esprit, peuvent ne pas avoir le résultat attendu, ou même avoir un résultat contraire, selon qu’elles sont reçues, ou reposent sur ce qui ne nous a pas été ordonné, ou qui n’a pas été inspiré par l’Esprit de Dieu en nous.

   Dans cette même Pensée divine, selon laquelle ce qui est « dessous » participe au plein accomplissement de ce qui est « dessus », l’Écriture déclare : « La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas… » Héb 11:1. Les mots « ferme assurance »  sont traduits du mot grec « hypostasis » qui signifie, entre autres, support, soubassement et fondement (d’une maison). Ainsi, la foi est la base, le fondement « des choses qu’on espère ». Les « choses espérées » ne sont pas la foi, elles sont déjà réelles en elles-mêmes, mais ne se manifestent qu’en réponse à la foi. Certes, les promesses sont puissantes indépendamment de la foi, mais elles demeureraient « lettre morte » sans le contact de la foi en Dieu qui les rend opérantes en celui qui croit.

   Suite à l’évangélisation par Philippe dans une ville de Samarie, Pierre et Jean vinrent de Jérusalem, afin d’y enseigner les nouveaux croyants et de leur imposer les mains pour qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. Parmi eux se trouvait Simon, homme qui, jusqu’alors, exerçait la magie, et étonnait le peuple par sa puissance. Lui aussi crut, et fut baptisé : Act 8:9-13. Or, ayant vu que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, Simon leur offrit de l’argent, en disant : « Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu… » Act 8:18-21. Le comportement de Simon nous montre que cet homme crut à la prédication de la Parole, mais sans recevoir l’Esprit de la Parole, car l’état de son cœur dans lequel il la reçut n’était pas pur, parce que recherchant un pouvoir personnel. Cependant, « Simon lui-même avait cru, dit l’Écriture, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe, et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui s’opéraient… » Act 8:13. Simon ne voyait que ce qui frappait les regards ; il s’étonnait des manifestations divines de la même manière superstitieuse que le peuple, auparavant, s’étonnait de ses pratiques occultes. Cette réaction inattendue provient de ce que sa recherche des choses spirituelles « ne reposa pas » sur la demande d’un cœur purifié par le Sang de l’Agneau. Tôt ou tard, comme dit le Psalmiste : « L’iniquité sort de leurs entrailles, les pensées de leur cœur se font jour… » Ps 73:7.

    Dans un autre contexte, mais dans la même pensée, l’Écriture nous rapporte que des juifs « essayèrent » d’invoquer sur ceux qui avaient des esprits malins le Nom du Seigneur Jésus, en disant : « Je vous conjure par Jésus que Paul prêche… ! ». Or, l’esprit malin leur répondit : « Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? Et l’homme dans lequel était l’esprit malin s’élança sur eux, se rendit maître de tous deux, et les maltraita de telle sorte qu’ils s’enfuirent de cette maison nus et blessés… » Act 19:13, 15-16. Cet effet contraire et inattendu provient lui aussi de ce que le Nom de Jésus « reposa » sur une invocation, ou prières venant de cœurs non régénérés et sanctifiés, contrairement au cœur et à la vie de Paul et des autres apôtres.

    Le croyant qui « bâtit sur le sable » entend donc la Parole, mais il la fait reposer sur sa propre compréhension de la Parole. Cette âme a bien la connaissance des « matériaux » de la Parole de Dieu, mais elle les reçoit dans ce qui, en elle, n’a pas encore été livré à Dieu. Elle recherche une expérience émotionnelle plutôt que spirituelle, une sensation plutôt que la sanctification ; de là, la déformation de sa compréhension spirituelle lui voilant la lumière et l’efficacité de la Parole de Dieu. Aussi, en regard de ces choses, heureux l’homme qui, dit Jésus «… bâtissant une maison, a creusé, creusé bien avant, et a posé le fondement sur le roc… » Luc 6:48. Ce fondement est posé, non pas sur le sable mouvant de sa propre pensée, mais dans l’entendement de son esprit éclairé et affranchi par le Esprit-Saint. Le racheté alors vit, faisant siennes les paroles du sage, disant : « Comme passe le tourbillon, ainsi disparaît le méchant ; mais le juste a des fondements éternels… » Prov 10:25.