M242 – SI L’ÉTERNEL NE BÂTIT …

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  « Cantique des degrés. De Salomon. Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, et mangez-vous le pain de douleur ; il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil … ! » Ps 127:1-2.

    « Si l’Éternel ne bâtit la maison… ! » Si, en effet, l’Éternel n’éclaire Sa Parole et n’inspire la prédication de celle-ci aucune œuvre n’est profonde et durable. C’est parce que la Parole participe de la Nature éternelle de Dieu que Son Œuvre dans nos vies subsiste pour l’éternité. Le Saint-Esprit est le « liant spirituel » qui nous unit à la Parole dont nous sommes le fruit éternel, d’où la nécessité de connaître la Pensée de l’Esprit qui nous révèle l’Œuvre de la Grâce en nous. Il est des traits de l’Action de Dieu perçus par l’expérience, mais notre expérience ne saurait tenir lieu de discernement, car les signes de la Volonté de Dieu sont aussi différents que le sont Ses Œuvres, chaque fois nouvelles. Aussi la persévérance dans la prière façonne-t-elle notre esprit à recevoir le discernement des Desseins de Dieu, qui éclairent Sa Manière d’agir que nous acceptons avec joie, parce qu’en eux nous découvrons la Sagesse de Dieu à notre égard… !

    Celui qui bâtit selon la chair, et non selon l’Esprit, prend sa propre assurance pour la conviction d’un Appel de Dieu, et son obstination pour la persévérance de la foi, alors que celui travaille selon l’Esprit reçoit la certitude de la Direction de Dieu comme une Présence qui remplit son cœur, à la fois puissante et douce. C’est là la voix silencieuse de la Parole qui s’imprime dans notre conscience, et ceci s’accorde avec les Paroles de l’Éternel exhortant Israël par le prophète Ésaïe et disant : « Ainsi parle l’Éternel, ton rédempteur, le Saint d’Israël : Moi, l’Éternel, ton Dieu, je t’instruis pour ton bien, je te conduis dans la voie que tu dois suivre. Oh ! Si tu étais attentif à mes commandements ! Ton bien-être serait comme un fleuve, et ton bonheur comme les flots de la mer… ! » Ésaïe 48:17-18. Ainsi, la douceur de cette Puissance qui nous convainc de la Direction divine fait entendre au-dedans de nous une voix sans parole, mais dont nous recevons la Pensée de l’Esprit, et alors la Paix de Dieu, submergeant notre cœur, devient Plénitude… !

    Le seigneur bâtit, mais avec quelle sorte de « matériau » ? Le Fils de Dieu bâtit Son Église avec des pierres particulières, des « pierres vivantes », et ces pierres, c’est nous, les rachetés ! Parlant de Jésus-Christ, le Chef suprême de l’Église, l’apôtre Pierre écrit : « Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ… ! » I Pier 2:4-5. Qu’y a-t-il, à nos yeux, de plus « inerte » qu’une pierre, – ce que nous étions nous-mêmes spirituellement, en tant que pécheurs aux yeux de Dieu – ? Et, cependant, Dieu « qui est riche en miséricorde » a rendu « vivante » cette « pierre » que nous étions, en ce que, dit l’Écriture, « … à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ… ! » Eph 2:4-5.

     Par quelle intervention divine s’est donc opéré en nous ce passage de la mort à la vie ? A Ses disciples qui lui rapportaient ce que d’autres disaient de lui, Jésus répondit : « Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la Parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, Fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elles… ! » Matt 16:15-18. C’est là le témoignage de chaque pierre rendue vivante qui constitue la Maison spirituelle de Dieu. Et la Présence intérieure de la vie éternelle révèle la Nature divine de Jésus-Christ reçue en nous par l’Esprit-Saint, laquelle confère la nature indestructible à « l’Ouvrage » de Dieu que nous sommes devenus, jusque dans L’éternité, ainsi que le reconnurent les disciples qui, par la bouche de Pierre, dirent à Jésus : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les Paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu… ! » Jean 6:68-69.

    Ainsi, connaissant avec quel « matériau » spirituel le Seigneur bâtit Son Église, sur quel Fondement édifie-t-il donc ces « pierres vivantes » que nous sommes devenues ? Tout simplement sur Lui-même ! N’avons-nous pas lu ces Paroles de Jésus, disant : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église » ? « Sur cette pierre », c’est-à-dire, non pas sur Pierre, l’apôtre, mais, comme lui, sur la solidité même du « Rocher spirituel » qui est « Christ » ! I Cor 10:4. C’est avec l’assurance et l’authenticité d’une telle confession, révélée par le Père céleste, que Jésus bâtit Son Église, suivant les paroles mêmes de l’apôtre Paul, disant : « Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que  celui qui  a  été  posé,  savoir  Jésus-Christ… ! » I Cor 3:10-11. Toute vie spirituelle des rachetés, comme toute doctrine de la Parole de Dieu est bâtie, et donc repose sur le Fondement de la Parole qui est Christ Lui-même, et non par sur l’Église, puisque l’Église de ceux qui sont nés de nouveau repose elle-même sur ce Fondement ! C’est ce qui explique que tout esprit d’égarement, comme toute doctrine d’erreur apparaît inévitablement, dès lors que l’on bâtit « à sa manière », c’est-à-dire, en dehors de ce Fondement qui est Christ, de qui seul découlent la Vie, la Lumière et la Sainteté en ceux qui « ne font qu’un » avec Lui… !

     L’Éternel bâtit, mais Il bâtit avec ceux qui « travaillent », cependant, beaucoup de ceux qui travaillent bâtissent sans Lui, et donc en vain. Jésus Lui-même ne dit-Il pas : « … celui qui n’assemble pas avec moi disperse… » ? Matt 12:30. Tel, en effet, s’active à rassembler des personnes, celles-ci l’écoutent, sont dans l’admiration même, et, cependant, plus il les rassemble, et plus elles sont dispersées, car là où, extérieurement, l’on voit une foule, Jésus, Lui, voit une dislocation et  un  désert  spirituel.  Quelle  en  est  la cause ? Jésus, parlant aux Juifs au sujet, de Lui-même, dit : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle ; c’est par la Volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue, et c’est un prodige à nos yeux… ! » Marc 12:10-11. Souvent, plus inconsciemment que consciemment, cette « pierre angulaire » est rejetée, laquelle, pourtant, soutient tout l’édifice qui, une fois achevé, reçoit le Sceau de Dieu. Aussi étrange que cela puisse paraître, en effet, la cause en est notre zèle même… pour Dieu ! Mais un zèle nourri, non pas de la foi éclairée et d’une Direction divine, mais de notre nature impatiente qui n’attend pas la compréhension des Desseins de Dieu en leurs temps, temps qui, justement, attestent les étapes de notre croissance spirituelle… !

     « Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, par la bouche du prophète Jérémie, où j’ensemencerai la maison d’Israël et la maison de Juda d’une semence d’hommes et d’une semence de bêtes. Et comme j’ai veillé sur eux pour arracher, abattre, détruire, ruiner et faire du mal, ainsi je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter, dit l’Éternel… ! » Jér 31:27-28. Ceci est le fond même du message du prophète : Jérémie : Jér 1:10. Ainsi, de même que la « Prédication de la Croix » est, en même temps, une « folie pour ceux qui périssent » et une « Puissance de Dieu pour ceux qui sont sauvés » I Cor 1:18, de même, l’Éternel, en nous-mêmes, ne bâtit pas sans détruire, car Il ne détruit qu’en vue de bâtir ! Et c’est à cette action profonde de la Parole que nous aspirons, afin de bâtir selon l’Esprit de Dieu, par lequel nous avons, précisément, compris que celui qui agit « par » lui-même, en réalité agit « pour » lui-même… !

    Dieu connaît les temps où Il doit arracher et détruire, puis bâtir et planter par Sa Parole. D’où l’acceptation du brisement indispensable en nous, en même temps que s’opère toute édification de Dieu dans notre vie spirituelle, et, par notre intercession, dans la vie d’autrui, le vécu de cette expérience spirituelle consiste à « … porter toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle… ! » II Cor 4:10-11. Ce travail permanent de la Mort et de la Vie de Jésus dans notre vie et dans notre service pour Dieu porte un Fruit spirituel et éternel. Et ce « fruit qui demeure » pour Dieu n’est possible qu’en ayant été rendus, nous-mêmes, semblables à « l’Image » de Celui-là même qui bâtit… !