M275 – LA TEMPÉRANCE …

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    « Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi. Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. La loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs… ! » Gal 5:16-24.

   Parmi les « Fruits de l’Esprit », il en est dont on ne parle guère, et la « tempérance » est l’un de ceux-là. Le mot tempérance, cité ici par l’apôtre Paul, se traduit également par la « maîtrise de soi », terme qui exprime bien l’exercice de ce Fruit spirituel dans notre vie, et à l’égard d’autrui. Or, ce n’est pas parce que la tempérance est citée à la fin de l’énumération que ce Fruit de l’Esprit est le moindre de tous, bien au contraire ; il serait même judicieux de considérer la tempérance comme étant l’état d’esprit même dans lequel s’exercent tous les Fruits de l’Esprit. Car, en réalité, les Fruits spirituels s’exercent par la tempérance ! Concevrions-nous, en effet, l’amour parfait sans la tempérance ? La paix, la, joie, la patience, la douceur même sans la maîtrise de soi ? Ces vertus se manifestent, précisément, parce que toute impatience, toute impulsion, tout excès a été maîtrisé ! A ce titre, de tous les Fruits de l’Esprit, la « tempérance » n’en permet-elle pas la manifestation parfaite… ?

     Certes, La tempérance est considérée comme étant moins attractive que l’amour, la joie ou la paix. En effet, la maîtrise de soi évoque l’idée d’un effort sur soi-même, et ce n’est pas là une discipline que l’on prône de nos jours. Or, ici-bas, déjà, toute œuvre, tout travail, ne saurait être fait sans effort. En quoi consiste donc la nature spirituelle de l’effort qui permet de se maîtriser dans certaines situations, comme à l’égard de certaines personnes ? La force en provient, non pas de nous-mêmes, de notre fermeté personnelle, mais, aussi étrange que cela puisse paraître, de la « Douceur et de la Bonté de Christ » II Cor 10:1. Et cette force spirituelle, qui procède justement de l’« Agneau de Dieu », ne se reçoit que dans la mesure où nous demeurons dans le Plan divin, dans lequel, alors seulement, la Force d’En-Haut nous est donnée en vue de l’accomplir… !

   La tempérance réclame sans cesse l’exercice de notre volonté régénérée, et révèle, par-là, la disposition intérieure de notre fidélité au Seigneur. Parlant de la loi à la foule qui l’écoutait, Jésus dit : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le, et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne… ! » Matt 5:27-30. Il n’est pas possible d’exprimer d’une façon plus forte la maîtrise de soi que ne le font les Paroles de Jésus. Pourtant, plus encore que ces « mutilations » qui nous sont « avantageuses », notre Seigneur Lui-même a accompli davantage en vue de la victoire sur nos passions, et cela par Sa mort à la Croix. Par Sa Crucifixion, en effet, Jésus a détruit, non seulement le péché dans nos « membres », mais le « corps » du péché lui-même, ainsi que le dit l’Écriture : « Celui qui est mort est libre du péché… ! » Rom 6:6-7.

     C’est en cela que s’éclaire la régénération qui aboutit, en conséquence, à la résurrection. A la résurrection, Jésus-Christ, « transformera le corps de notre humiliation en le rendant semblable au corps de sa Gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses… ! » Phil 3:21. Or, dans l’attente de ce But glorieux, les Fruits spirituels produits par le cœur régénéré se cultivent et se recueillent durant toute la vie du racheté « né de nouveau ». Et cela, à l’exemple du Jardin d’Eden qui, bien que « planté par Dieu Lui-même… ! » Gen 2:8, n’en devait pas moins être aussi « cultivé et gardé… ! » par Adam et Ève : Gen 2:15. Ainsi, la tempérance est d’une portée éternelle, car la maîtrise de soi ne concerne pas seulement notre vie ici-bas, mais elle a une répercussion sur notre destinée céleste, ainsi que le dit Jésus, parlant des temps difficiles à venir : « Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste ; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l’homme… ! » Luc 21:34-36. « Se garder soi-même… » nous amène, non pas à regarder à nous-mêmes, mais à Dieu, car le fait même de Le rechercher a déjà pour résultat de nous garder en Lui… ?

   L’apôtre Paul écrit : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez… ! » Gal 5:16-17. Nous relevons ici la coexistence en nous, non pas pacifique, mais antagoniste des « désirs spirituels » et des « désirs charnels ». Or, c’est précisément en reconnaissant, par l’Esprit-Saint, cette opposition au-dedans de nous, que nous recevons, de ce même Esprit, la Force de ne pas faire ce que nous « voudrions ». En fait, la Volonté de Dieu n’empêche pas notre volonté de subsister, au contraire, car la maîtrise de soi est l’instrument de l’Esprit de Dieu en vue de soumettre notre volonté, et cela, non pas en la « muselant », mais en l’ « ouvrant » à la Volonté divine. Plus encore, la maîtrise de soi a pour but de faire de notre volonté, non pas une « ennemie », mais une « amie » de la Volonté de Dieu. D’ailleurs, la Victoire de Dieu dans Son Amour est, non pas de tuer son ennemi, mais, après l’avoir transformé, d’être aimé de lui ! Ainsi en est-il de ce qui est appelé à être régénéré en nous… !

     La maîtrise de soi s’exerce dans les relations humaines, mais c’est, évidemment, dans la communion fraternelle qu’elle révèle soit sa présence, soit son absence ! L’apôtre Jaques n’écrit-il pas, en effet : « D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres… ? » Jac 4:1. Si nos passions combattent encore dans nos membres, même pour une bonne cause, même pour la Vérité de Dieu, notre « propre » tempérance se traduira alors par un « zèle amer » et un « esprit de dispute » … Jac 3:14. Car la maîtrise de soi « selon l’homme », dans le domaine spirituel, manifeste la propre assurance, le manque de compassion et l’esprit de jugement envers les autres, alors que la tempérance, selon l’Esprit, se manifeste par une « bonne conduite avec la douceur de la sagesse … ! » Jac 3:13. Par ailleurs, le fait de relever l’absence de tempérance chez autrui sert, souvent, de prétexte pour justifier l’absence de notre maîtrise de soi à leur égard. Ceci nous apprend que la tempérance dans tous les aspects de notre vie est à même de se manifester par nous, mais dans la mesure où nous marchons dans les Œuvres que Dieu a préparées pour nous. En effet, quand nous nous précipitons en suivant nos propres voies, au lieu d’être à la place où Dieu nous veut, nous nous exposons alors à ne plus pouvoir faire face aux événements qui en découlent avec la Patience même de Dieu… !

   L’esprit charnel considère la tempérance comme une attitude restrictive à l’égard de la Puissance de Dieu, alors que c’est la tempérance qui, précisément, triomphe de tout ce qui en nous contrecarre l’Action de la Puissance divine. C’est, en effet, la maîtrise de soi qui rend le croyant capable de ne pas « détruire » l’œuvre que Dieu « bâtit » dans sa propre vie, comme en celle d’autrui. Maintes personnes parlent de puissance, de miracles, de victoires tout en ne pouvant supporter la moindre contrariété ou contradiction…, mais le sage nous fait connaître le vainqueur selon le cœur de Dieu : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros, dit-il, et celui qui est maître de lui-même vaut mieux que celui qui prend des villes… ! Prov 16:32.