M340 – LE PAIN QUI DESCEND DU CIEL …

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    « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : Comment peut-il nous donner sa chair à manger ? Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui… ! » Jean 6:48-56.

  Dans Son Enseignement, Jésus parle de Lui-même sous divers aspects. De là les Paraboles, dans lesquelles Jésus est présenté comme étant le « bon Berger » qui appelle Ses brebis : Jean 10:11 ; le « Cep », dont nous sommes les sarments : Jean 15:5 ; la « Porte », par laquelle nous sommes sauvés : Jean 10:9 ; une « poule », qui rassemble ses poussins : Matt 23:37 ; et même un « voleur », afin de nous exhorter à veiller : Luc 12:39. En se présentant donc comme étant le « Pain qui descend du ciel… », Jésus nous appelle à passer du besoin, certes légitime, de la « nourriture qui périt » au besoin spirituel de « celle qui subsiste pour la vie éternelle… » Jean 6:27. C’est dans ce sens que Jésus dit aux Juifs : « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde… » Jean 6:32-33. Au sujet du peuple d’Israël dans le désert, après être sorti d’Égypte sous la conduite de Moïse, le Psalmiste s’écria : « Il (Dieu) fit pleuvoir sur eux la manne pour nourriture, il leur donna le blé du ciel. Ils mangèrent tous le pain des grands, il leur a envoyé de la nourriture à satiété… » Ps 78:24-25. Ce « blé du ciel », cette « manne », qu’ils mangèrent pendant quarante ans «… cessa le lendemain de la Pâque, quand ils mangèrent du blé du pays… » Jos 5:12, c’est-à-dire, au moment même où ils entrèrent en Canaan, le pays de la Promesse. Ce prodige annonçait prophétiquement cette « Nourriture spirituelle » que Jésus Lui-même est, et dont Il nourrit notre vie intérieure, en étant le « vrai Pain du ciel », le « Pain de Dieu », le « Pain de Vie »… ! Jean 6:32, 33, 48.

  Dans le domaine naturel, nous reprenons souvent les mêmes aliments, parce que nous les avons appréciés, et ce que nous avons apprécié, c’est le goût ! Le goût résulte du mélange approprié des éléments qui composent le mets, tandis que ces mêmes éléments, pris à part pour certains, ne seraient pas mangeables. Le goût révèle un lien de même nature entre celui qui mange et ce qui est mangé ; en quelque sorte, le goût nous identifie ! Ainsi, le goût de la « nourriture spirituelle » est apprécié, parce que cet « aliment spirituel » et notre faculté gustative « spirituelle » se correspondent… ! En effet, la nature spirituelle du « Pain céleste » ne peut être reçue et goûtée que par l’homme spirituel, transformé, parce que « né de nouveau… » Jean 3:3. Or, le « Pain qui descend du ciel », c’est Jésus-Christ, et Jésus-Christ est la Parole divine. De là l’importance de l’Onction de l’Esprit de Dieu sur la Parole entendue et lue : Onction, dont l’action intérieure fait naître à la vie spirituelle, et nourrit cette vie nouvelle de la Parole de Dieu. Car, dans le cas contraire, annoncer la Parole sans l’Onction de l’Esprit a pour conséquence de laisser l’homme dans son état naturel et de l’entretenir dans l’illusion d’une vie spirituelle qu’il ne possède pas. D’où l’importance de l’Œuvre de la Parole de Dieu inspirée, par laquelle, en nous, la Connaissance de Dieu devient  ressemblance au Fils de Dieu… !

  Il est à remarquer que Jésus, parlant du « Pain » précise, à plusieurs reprises, qu’« il descend du ciel… » ! Ce n’est pas un « Pain » qui apparaît du néant, il ne vient pas de nulle part. D’ailleurs, les pharisiens l’avaient bien compris, lorsqu’ils demandèrent à Jésus : « Où est ton Père … » Jean 8:19. Car, en demandant à Jésus : « Où », et non pas « Qui est ton Père… ? », Les pharisiens, en quelque sorte, « localisaient » le Père, soit sur la terre soit dans le ciel, dans le but d’amener Jésus à donner une réponse précise sur Lui-même, et ainsi à décliner Son Identité, et donc Son Origine divine. Ce qu’Il fit d’ailleurs dans le cours de Son Discours, disant : « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde… ! » Jean 8:23. Or, Jésus, en disant Sa Provenance, dit son Origine céleste, et en disant Son Origine, Jésus révèle Sa Nature divine, en tant que « Fils de Dieu » venu dans une « chair semblable » à la nôtre, hormis le péché : Rom 8:3 ! Tel est donc cet unique « Pain » de Dieu, « Pain » de la Parole, « Pain » de notre vie spirituelle, qui est cette « Nourriture qui subsiste pour la vie éternelle… » !

  Jean-Baptiste, le prophète, parlant de Jésus à ses disciples, dit : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous ; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai ! » Jean 3:31-34. Ailleurs, parlant avec Nicodème, un chef des Juifs, Jésus dit au sujet de Lui-même : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel ! » Jean 3:13. Il n’est pas de paroles nous dévoilant autant le « Mystère de Christ » Eph 3:4, et nous révélant, en même temps, le « Mystère de la Volonté de Dieu » Eph 1:9. En effet, comment Jésus, le Fils de l’homme, qui, parlant en cet instant, est-Il en même temps, « monté au ciel… », puis « descendu du ciel… », tout en étant « dans le ciel… » ? Les événements, qui se succèdent dans l’histoire des hommes, sont « simultanés » dans la Pensée de Dieu. Ce qui « est » contient ce qui  « sera », le futur est caché dans le présent… ! Ces paroles décrivent la Dimension infinie et insondable du Fils de Dieu, en tant que Médiateur, crucifié et ressuscité, puis glorifié. D’où « l’infinie grandeur de la Puissance » que Dieu « a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes… » Eph 1:20-21. Ces Réalités éternelles se présentent à nous comme étant les éléments de cette « Nourriture céleste », afin de nous introduire dans le « ciel » même d’où elle est descendue, et à laquelle nous aspirons… !

  « Comment, dirent les Juifs, peut-il nous donner sa chair à manger…  ? ». Ce à quoi Jésus répondit : « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui… » Jean 6:55-56. A partir de ces paroles, une tradition décréta la Présence de Jésus rendue substantiellement présente dans le pain de la Cène. C’est ici une interprétation humaine, une démarche magique de la Réalité spirituelle de la Sainte Cène établie par Jésus-Christ parmi Ses disciples. C’est en ceci se méprendre sur les Paroles de Jésus, à la manière des Juifs qui ne les comprirent pas non plus ! Dans le dessein de nous éclairer, Jésus représenta donc par le pain terrestre la réalité du « Pain du ciel », afin d’amener les rachetés à passer de la compréhension naturelle à la compréhension spirituelle de Sa Personne et des Réalités éternelles du Royaume des cieux… !

  C’est ici ce que Jésus exposa lumineusement, disant : « Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi… ! » Jean 6:57. Le Fils, qui « vit par le Père », n’a évidemment pas « mangé » Dieu, Son Père, pour vivre par Lui, de même le racheté, qui vit « par le Fils », n’a pas besoin non plus de « manger » Jésus-Christ, le Fils, pour vivre par Lui. Car, concernant Jésus, il ne s’agit pas d’un « Pain » fait de main d’homme, mais de Sa Personne divine et céleste, qui, spirituellement, se « consomme », c’est-à-dire, se comprend et se reçoit par « l’Esprit qui témoigne à notre esprit… » Rom 8:16 ; ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « … dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant, nous ne le connaissons plus de cette manière… » II Cor 5:16. Qu’il s’agisse de personnes qui ont vu ou connu Jésus ici-bas, et, depuis lors, de celles qui n’ont de Jésus qu’une connaissance intellectuelle, l’important est de Le connaître par l’Esprit qui nous transforme intérieurement à Son Image ! Ainsi, tout lieu, tout édifice, tout dogme, tout rituel fait obstacle même à ce qu’il représente, alors que ce qui est spirituel et éternel est contenu dans Personne de Jésus-Christ, reçue en nous, et se manifestant par la Vie de l’Esprit… !