M338 – NE LA DÉCHIRONS PAS …

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    « Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate : N’écris pas : Roi des Juifs. Mais écris qu’il a dit : Je suis roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Et ils dirent entre eux : Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s’accomplît cette parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Voilà ce que firent les soldats… » ! Jean 19:21-24.

   Il était d’usage chez les soldats, en ces temps-là, de se partager les pauvres effets des suppliciés, dont ils avaient eu la garde jusqu’à leur exécution. A ce sujet, combien de paroles prophétiques dans les Écritures, qui annoncèrent avec précision ce qui concerne la Naissance, la Vie, la Mort de Jésus, et Sa Résurrection ! Et cela, jusqu’à cette Parole exprimée par Jésus du haut de la croix, qui, sachant que « tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif… » Jean 19:28. Ainsi, ce même Évangile déclare : « Ces choses sont arrivées, afin que l’Écriture fût accomplie : Aucun de ses os ne sera brisé… » Jean 19:36. Et ailleurs encore : « Ils verront celui qu’ils ont percé… » Jean 19:37. Autant d’événements confirmant les paroles de David, qui avait aussi prophétisé le partage des habits et le tirage au sort de la tunique de Jésus par les soldats : Ps 22:19. Ces paroles prophétiques, dans leurs détails matériels même, révèlent par l’Esprit, dans le cœur de ceux qui les ont reçues, la portée spirituelle et éternelle des Accomplissements des Desseins de Dieu… !

   « Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique… » Jean 19:24 Le sens de ces paroles révèle, non seulement un fait visible et tangible, mais une réalité invisible et spirituelle dans le temps présent et celui à venir. Il était évidemment plus aisé de partager les habits de Jésus que Sa « tunique sans couture », qui, une fois partagée, aurait été perdue pour ceux qui Le gardaient. Dans ce cas, la voix de la sagesse proclama qu’il valait mieux la tirer au sort plutôt que de la déchirer. Cette manière de faire de la part des soldats manifestait un mouvement mû par une direction d’En Haut. Cette conscience de ne point mettre en pièces la tunique de Jésus, qui l’eût rendue inutilisable, ne peut qu’évoquer la réalité spirituelle du Corps de Christ. Car tous les détails des événements annoncés, en l’occurrence la Crucifixion de Jésus, ont leur application spirituelle et éternelle. L’Écriture, en effet, déclare : « … Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection… ? » Col 3:12-14. Ce « revêtement spirituel », représentant le « solide assemblage » du Corps de Christ, nous inspire à discerner tout ce qui, provenant soit de la chair, soit de l’Adversaire, serait à même de le déchirer… !

   Cette « tunique sans couture » exprime, d’une façon allégorique, la dimension de l’Amour de Dieu. La Vie spirituelle, qui unit les rachetés dans la communion de l’Esprit, provient de la Puissance de cet Amour divin, de sorte que Paul, après avoir exhorté les Corinthiens à rechercher les dons spirituels, leur écrit : « Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais vous montrer une voie par excellence… » I Cor 12:31. Cette « Voie par excellence » est celle de l’« Amour de Dieu », qui, reçu, et œuvrant dans nos cœurs « … excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout… » I Cor 13:7. Or, qu’éclaire donc cet Amour selon l’Esprit… ? Si ce n’est qu’il révèle, dans la conscience éclairée, l’étroitesse d’esprit et les idées arrêtées, qui divisent la communion fraternelle. La Pensée divine, qu’imprime en nous l’Esprit, nous donne, non pas de rechercher une uniformité, qui n’est qu’une apparence de l’unité, mais de nous laisser attirer les uns les autres dans l’intimité de Dieu. Intimité divine dans laquelle, « au-dessous » de nos particularités et de nos différences, s’opère notre ressemblance à Celui qui demeure en nous et en qui nous demeurons, et dont aussi, éternellement, nous « porterons l’image céleste… » I Cor 15:49.

  Les divergences doctrinales entre les croyants résultent de la faiblesse humaine. Chaque réveil, chaque retour à la Parole n’échappe pas à la mise en dogmes des vérités redécouvertes ; vérités, dans lesquelles, à leur tour, les croyants se figent dans un esprit de tradition soit ancienne, soit récente. S’adressant aux Éphésiens, l’apôtre Paul écrit que Dieu a suscité les ministères « pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ… » Eph 4:12-13. L’exhortation de l’apôtre nous révèle que la voie pour « parvenir à cette unité » n’est pas une chose « innée », mais s’acquiert au cours de la croissance de la vie spirituelle. Et le temps de parvenir à la « mesure de la stature parfaite de Christ » dépend de notre soif spirituelle de la Parole, qui nous révèle le Fondement de Christ, sur lequel repose l’« unité de la foi et de la connaissance ». De même, l’apôtre Paul exhorta les rachetés à « s’efforcer de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix… », car « la foi et la connaissance » sont incluses dans cette « unité de l’Esprit » Eph  4:3. Ainsi, l’« unité de la foi et de la connaissance » est le but auquel nous tendons ; l’ « unité de l’Esprit » nous unit dans cette même aspiration, qui découle de ce « trésor spirituel » déposé en nous, au sujet duquel l’apôtre écrit à Timothée : « … Je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là… ! II Tim 1:12.

  Jésus, priant Son Père au sujet de l’unité des disciples, dit : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé… » Jean 17:20-21. La vision de l’unité selon Jésus va au-delà du fait d’avoir la même opinion sur toutes choses ! Jésus nous révèle que l’unité est plus qu’une pensée unique ou un dénominateur commun : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, dit-Il à Son Père, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé… » Jean 17:22-23. Plus qu’un accord, qui resterait « extérieur » à ceux qui le concluent, Jésus présente l’unité intérieure entre les rachetés comme étant de la même nature que celle qui l’unit Lui-même à Son Père… ! En effet, Jésus qui a dit : « Moi et le Père nous sommes un… » Jean 10:30, a dit de ceux qui croient en Lui : « Qu’ils soient un, comme nous sommes un… » Jean 17:22. L’unité en Dieu n’est autre que l’Intimité divine, dans laquelle se vit la diversité de chaque croyant ! Jésus a dit à la Samaritaine : « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en Esprit et en Vérité… » Jean 4:24. L’adorateur adore dans l’Esprit de Celui qui est adoré. De même, tout en demeurant distincts devant Dieu, nous lui sommes tous unis par la même Vie qui vient de Lui… !

   Quiconque isole les vérités de la Parole de Dieu, déchire la Parole, et donc disloque l’unité. Or, ayant été appelés à être « revêtus  du Seigneur Jésus-Christ… » Rom 13:14, c’est nous-mêmes qui nous déchirerions au risque d’être séparés de la Lumière de la Vie. Certes, dans leur aspect visible en ce monde, les rachetés n’apparaissent pas encore « un », tels qu’ils le seront dans la Gloire du Père dans les cieux, suivant la Prière de Jésus, Format PDFdisant : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde… » Jean 17:24. La cause de ceci est que, inconsciemment, réside dans le croyant une séparation entre la Parole de Jésus et… la Personne de Jésus ! Car, lorsque la « Parole » de Jésus est reçue en tant que « Personne » de Jésus, qui « est la Parole », nous sommes « un » en Lui par la Vie qui nous vient de Sa Personne même. L’unité n’est donc pas à faire, car elle est en Christ, et celui qui a reçu Christ est, par conséquent, en elle et elle en lui. C’est ainsi que l’unité se révèle être la Plénitude divine, Plénitude dont l’unique source provient de l’Intimité de Christ, dont la Vie, reçue en nous, nous unifie en Lui. Cette divine Unité découlant de la Vie de Jésus-Christ, par laquelle nous lui sommes unis, ne nous invite-t-elle pas, nous aussi, à nous écrier : « Ne la déchirons pas… » !