LES MYSTÈRES – 8 …

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« Il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux… »

   Matt 13 :11.

  Quittant la route, j’empruntai le sentier solitaire… Ne sachant où il conduisait mes pas, si ce n’est qu’il pénétrait dans la forêt de plus en plus dense… Tout à mes réflexions… j’aspirai alors à l’approche de la Présence de Jésus… Sondant les profondeurs de Sa Parole… celle-ci s’ouvrit alors sur les temps et les événements passés et à venir… Au cours de l’histoire des hommes, l’Esprit de Dieu se manifesta tantôt simultanément tantôt successivement… Cependant, j’en vins à comprendre que les Desseins de Dieu, qui ont été et qui seront… sont, tout à la fois, présents dans la pensée de l’Esprit… En tant que créatures, nous sommes tributaires du temps… tandis que la dimension de l’Esprit divin n’a ni passé, ni futur… Dieu œuvre dans un présent éternel… Il Est éternel…

  Il est frappant de relever que, chaque fois, que l’Esprit agit parmi les croyants, dans ce qu’il est convenu d’appeler un « réveil » … les âmes visitées d’en haut pensent souvent vivre les derniers temps… et les dernières vérités à découvrir… Après quoi, il ne resterait plus qu’à attendre la fin de toutes choses… Pour avoir vécu, très modestement, semblables expériences avec d’autres rachetés… je réalisai que toute visitation de l’Esprit-Saint n’était pas l’aboutissement d’une étape… mais le commencement d’une nouvelle étape… préparant elle-même déjà la suivante…

Je débouchai sur une clairière, baignée de lumière… j’avisai alors un arbre au feuillage abondant, à l’ombre duquel je vins m’abriter… poursuivant donc le fil de ma pensée… Je constatai, souvent, qu’une personne affermit sa conviction en combattant, autant ce contre quoi elle s’oppose, que ce pour quoi elle combat… comme si, étrangement, il y avait plus d’énergie à lutter « contre » une chose, qu’à lutter « pour » une chose… Pourquoi cette opiniâtreté à défendre sa propre interprétation, son point de vue sur la Parole de Dieu ? … L’Esprit de vérité ne se défend-il pas lui-même ? …

  Il est vrai que nos propres mots peuvent être instables, fragiles pour exposer la vérité… cependant la Parole de Dieu s’accompagne aussi d’un signe invisible, et perceptible… L’apôtre écrit… « Dieu répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance » … En effet, le croyant, comme l’incroyant appelé, ne peut pas échapper au parfum de la Parole… Parfum pénétrant aussi intimement que l’inspiration de la Parole… Ainsi, l’âme, qui, sans la connaître encore, aspire à la vérité… la « respire » … tôt ou tard, sa vie en sera pénétrée…  éclairée…

  Ceci me rendit donc d’autant plus intimes les paroles prophétiques, disant… « Ce sera un jour unique, connu de l’Éternel, et qui ne sera ni jour ni nuit… mais vers le soir, la lumière paraîtra » … Ces Paroles me pénétrèrent, comme si elles étaient entendues à l’intérieur de moi… je relevai la manière d’agir toujours prodigieuse de Dieu… Quels que soient les temps sombres de la vie… toute chose tend et aboutit à cette espérance divine… « Vers le soir, la lumière paraîtra » …

  Certes, il est naturel de penser qu’après le soir… vient la nuit… Or, ce n’est pas la nuit ici, mais la Lumière… C’est une nuit dont les ténèbres surnaturellement sont « lumière » … Lumière spirituelle à l’intérieur de nous… dans ce moment même que nous vivons… Je compris alors la Lumière inaltérable en Jésus… qui était la Vie et la Vision du « Fils de l’homme » … d’où Sa Constance inébranlable dans les circonstances les plus glorieuses comme les plus tragiques… Ceci me bouleversa, car nous-mêmes avons reçu la Grâce de recevoir intérieurement la Vie et le Discernement, que nous apporte cette Lumière…

  La vie spirituelle est une vie de contrastes permanents entre les choses d’ici-bas et les choses d’en-haut… Elle ne saurait être une voie aisée et sans aspérités… en ce qui concerne déjà la prière dans ces divers exaucements, comme dans ces inconnues… Que penser… quand, parfois, rien n’a empêché une situation douloureuse d’aller jusqu’à son terme ? … quand un signe attendu ne s’est pas manifesté ? … ou encore quand une solution à tel ou tel problème se fait encore attendre ? … De ces exaucements en suspens, surgissent des interrogations… Quel croyant, s’il est vrai avec lui-même… et parfois il faut du courage… ne se posa jamais de telles questions ? … Et cependant, le ciel intérieur de l’âme reçoit la lumière et la force d’En-Haut pour demeurer sereine… même au milieu des tempêtes les plus fortes… Certes, notre foi a pu, parfois, vaciller « en périphérie »… mais non en son centre… Car Christ est le centre spirituel de gravité… le centre de gravité de notre foi… non pas de ma propre foi… mais de cette foi, qu’a fait naître la Parole de Dieu reçue en moi… quand je demeure en elle…

  Tout en cheminant, chaque nouveau passage offrait à mes yeux, une vue nouvelle sur le paysage… au point que ma réflexion en vint à s’éclaircir… Je compris que j’avais, parfois, cherché à comprendre ce qui des mystères de Dieu, dépasse l’entendement… alors qu’il est dans la nature du mystère de demeurer incompris… tout au moins en partie… Je découvris que l’humilité d’accepter de ne pas tout comprendre… était l’attitude dans laquelle l’esprit saisissaient l’essentiel du mystère…

 Étonnamment, il est donc des choses qui doivent rester incomprises… pour être comprise… pour en recevoir la lumière… non seulement sur le mystère, mais avant tout sur soi-même… Paradoxalement, le fait même d’accepter de ne pas comprendre le mystère… nous rend justement accessible au sens qu’il contient… Et, par le sens spirituel reçu, pénètre alors en nous la Vie divine… Je laissai alors éclater ma joie… Heureux, me disais-je, celui qui s’est laissé façonner en profondeur, et d’être ainsi rendu capable… d’ « entendre » le silence de la Parole… d’ « écouter » la Pensée de l’Esprit…

  Avec une infinie reconnaissance, je repris le chemin du retour… le soleil se couchait… les rayons se retiraient… Tandis que les ombres s’allongeaient… l’obscurité du soir m’apparut lumineuse… Puis, la nuit venue… une Lumière intérieure illumina mon âme… étrange coïncidence, c’était la pleine lune…