M29 – AVEC INTELLIGENCE …

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     « Le scribe lui dit : Bien, Maître ; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu’il n’y en a point d’autre que Lui, et que l’­ aimer de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme, et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit : Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. Et personne n’osa plus lui poser de questions… » Marc 12:32-34.       

   II est certainement agréable de parler avec une personne instruite, versée dans les Écritures, mais ce plaisir ne doit pas voiler la vérité concernant la position de cette âme quant à l’Éternité, même si ce plaisir doit en être rompu ! Jésus, qui est venu parler aux hommes de la Vie véritable, du Salut éternel, du Royaume de Dieu, est venu aussi parler à l’âme pour la  sonder, la dénuder, afin que, celle-ci reconnaissant sa nudité et sa perdition, Jésus l’en revête de Son Salut et de Sa Justice.

   Jésus dit à ce scribe : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu… ».  Seul, Jésus connaît quelles peuvent être les pensées du cœur de cet homme qui répondit « avec intelligence ». Or il est  aussi une intelligence de l’homme qui voit les choses de Dieu « d’en-haut », mais par orgueil, ou « d’en-bas », par fausse humilité, en prenant la précaution de se tenir éloigné des Vérités de la Parole dans le but de s’y soustraire.Paul écrit,  au  sujet  des  juifs,  ses  frères  selon  la chair : «  Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence… » Rom 10:2. Ce scribe a donc de l’intelligence, mais il a besoin maintenant de connaître l’accomplissement de la Parole de la Loi qu’il connaît, et cela, par la Révélation de « Christ qui est la fin de la Loi pour la justification de tous ceux qui croient… » Rom 10:4. II lui reste donc à trouver le Royaume et, surtout, à s’y trouver lui-même.

   Avoir une connaissance de Dieu est déjà un grand pas dans la direction du Royaume de Dieu. Cependant, c’est rester à mi-chemin du but auquel Le Seigneur nous appelle. Une adhésion intellectuelle à la Parole suffit à l’intellect, mais l’âme a besoin de la recevoir comme nourriture spirituelle; l’intelligence quant à la Parole ne suffit pas à nous introduire dans cette Parole! Seule, la Révélation de Jésus accomplit cette introduction miraculeuse. L’intelligence, en effet, choisit ce qu’elle veut de la Parole, mais celui qui en reçoit la révélation est choisi par elle, aussi la reçoit-il entièrement ! C’est le passage de la connaissance extérieure à la connaissance spirituelle, qu’opère intérieurement l’Esprit d’adoption, promis par le Fils, par Lequel nous connaissons alors le Père.

  L’Écriture nous apprend donc que cet homme « n’est pas loin du Royaume de Dieu…». Cela signifie que, quand bien même il le verrait, quand bien même il le toucherait, il n’y est pas encore. Jésus lui ouvre les yeux, non sur une connaissance de plus sur le fondement de la Loi qu’il connaît, mais sur cette « distance » spirituelle qui le sépare du Royaume de Dieu et qui lui reste encore à franchir; distance si courte soit-elle d’ailleurs. Il ne suffit pas de constater la gravité de la situation seulement, mais de prendre conscience qu’une lumière, tout autre que notre propre intelligence,  nous introduit dans les choses de Dieu, et  auxquelles,  en devenant « nôtres » par l’Esprit, nous appartenons. C’est ici la Révélation intérieure de Dieu au travers de la chair déchirée du Crucifié. Cette connaissance selon l’Esprit de Dieu correspond véritablement à Sa réalité intérieure qui nous habite; elle n’indique pas une chose figurée ou souhaitée, mais elle est l’­expression, le témoignage d’une œuvre déjà accomplie en nous. Prenons garde à la magie des mots, qui ne touchent que l’oreille, et non l’homme tout entier, sa vie intérieure !

   Ceux qui ne connaissent ni les Écritures, ni le Royaume de Dieu ne peuvent savoir en dehors de quoi ils vivent. Cependant, pour d’autres, le fait de connaître quelque chose de Dieu peut être, paradoxalement, un obstacle entre Dieu et eux ! C’est-à-dire que la façon dont ils connaissent du Royaume de Dieu, les en tient éloignés. Pourquoi ? Parce qu’ils croient la connaissance qu’ils ont de Dieu plus que Dieu Lui-même ! Ils prennent soin de garder toujours lisible le « poteau indicateur »,  mais ils ne connaissent pas le lieu qu’il indique ni ne s’y rendent, exactement comme les principaux sacrificateurs et les scribes, qui indiquèrent aux mages, et à Hérode la direction de Bethléem, où naquit Jésus, le Sauveur, sans y aller eux-mêmes : Matt 2:2-4. Ce que nous connaissons de Dieu n’est pas Dieu, mais nous conduit à Lui.

   Connaître les choses de Dieu avec sa propre intelligence, c’est les réduire inévitablement à sa propre mesure, c’est-à-dire, à la nature des choses finies et périssables. Ceci est grave de conséquences, car c’est attribuer à Dieu des sentiments, des vertus de nature humaine. C’est connaître la Parole sans la Révélation qui l’éclaire, la promesse de l’Esprit sans la plénitude qui la confirme. Ceci revient à ne comprendre de la Parole que ce qui est saisissable par l’intelligence humaine, au même titre qu’une créature pense comprendre quelque chose de la création, sans connaître le Créateur ! Ce qui peut donc être le cas d’un croyant, certes, à un niveau plus proche de la vérité, alors qu’il est de la seule Volonté révélatrice de Dieu d’éclairer, d’ouvrir notre intelligence, afin que « nous comprenions », dit l’Écriture, « quelle est la largeur, la longueur, la profondeur, la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance… » Eph 3:18-19, c’est-à-dire, les dimensions infinies de la Bonté, de la Sagesse et du Mystère divins.

   De même que « par la foi, nous reconnaissons que le monde a été formé par la Parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles… » Héb 11:3. De même, par l’Esprit de révélation, il nous est donné de faire le chemin inverse, c’est-à-dire, de remonter, spirituellement, « des choses que l’on voit… » à « celles que l’on ne voit pas… », et qui en sont l’origine, notre origine ! C’est en ceci « passer de la chair à l’esprit… », « de l’image terrestre à l’image céleste… ». L’apôtre Paul écrit : « Ce qui est spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est animal ; ce qui est spirituel vient ensuite… » I Cor 15:46. Cette opération spirituelle s’applique à tout notre être qui est appelé à passer des choses visibles qui périssent, à celles, invisibles qui demeurent éternellement, choses auxquelles nous exhorte  Paul, en disant : «  Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la Volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait… » Rom 12:2. « Renouvellement de notre intelligence… » résultant de l’« homme nouveau » que nous sommes devenus par la « nouvelle naissance » Jean 3:5, opérée par l‘Esprit de Dieu dans notre vie.