M26 – TU NE SAIS PAS …

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      « Écris à l’ange de l’Église de Laodicée » : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la Création de Dieu. Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et, je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu… ».  Apo 3:15-17.

   Ne pas savoir ce que l’on est est une chose grave ; mais croire être ce que l’on n’est pas est plus grave encore ! Il en est de même ­dans ce que l’on croit savoir. Paul écrit : « Ainsi dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière… » II Cor 5:16. La Parole nous exhorte donc à connaître Christ selon l’Esprit-Saint, Son Esprit ! Mais combien d’âmes connaissent, suivent et servent encore Christ selon la chair, c’est-à-dire, par leur propre esprit, et, surtout, ils  ne le savent pas ! Or, l’Œuvre de la Parole est de le révéler.

   L’église dit : « Je suis riche… »,  alors  que  « tu  ne  sais  pas  que  tu es… pauvre… » dit Jésus. Quelle est donc cette fausse richesse qui se fait passer pour la vraie ? Et surtout par quel esprit en vient-on à la considérer comme vraie ? Cette richesse consiste à regarder les biens, le nombre, les manifestations visibles et ses propres doctrines comme étant les preuves de l’Approbation de Dieu!  Mais cette richesse est une vaine richesse, elle révèle d’ailleurs l’esprit de ceux qui la recherchent et qui donnent plus d’­importance aux signes extérieurs qu’aux signes intérieurs. L’âme perd de vue ainsi le besoin spirituel et la nécessité du travail intérieur de la régénération en vue de la Vie éternelle, elle ne compte que sur les  bienfaits visibles pour le temps présent. Jésus dit: « Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir… » Luc 8:8. Dans cette Parole de Jésus « celui qui a… », c’est celui qui possède la richesse de la Sagesse de Dieu, car cest justement par cette connaissance de Dieu « qu’il porte des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croît par la connaissance de Dieu… » Col 1:10. Tandis que celui qui n’a pas, mais qui « croit » avoir, est celui qui se repose sur ses illusions et la connaissance de la tradition, cette vaine richesse que poursuit son « moi » religieux»

   Celui qui « a », a reçu la Révélation d’en-haut reçoit donc, non pas une vie de richesses, mais la richesse de la Vie véritable. De cette richesse d’en haut, l’on n’est pas le possédé, mais le bienheureux possesseur : « Heureux les pauvres en esprit; dit Jésus, car le Royaume des cieux est à eux… » Matt 5:3. Le fait de réaliser sa pauvreté spirituelle contient déjà une richesse, car, se connaître soi-même, c’est savoir ce dont on a besoin spirituellement. C’est découvrir que toutes les choses qui, intérieurement, nous manquent attendaient en Jésus de nous être annoncées et communiquées.

   Celui qui est « tiède » croit qu’en mélangeant ce qui est « froid » (le monde) avec ce qui est « bouillant »  (le spirituel)  il pourra bénéficier, tout en satisfaisant ses désirs mondains, de la Protection du Seigneur et de la Vie éternelle. C’est vouloir  allier  le terrestre au céleste, c’est spirituellement une union contre nature, et donc stérile. La tiédeur est toujours le résultat d’un mélange, c’est une confusion. Nous retrouvons toujours Babylone qui veut « toucher le ciel de sa tour… », et en même temps, « se faire un nom sur la terre … »,  et  tout  cela  est  fomenté  à  l’intérieur  de  la  « ville… » Gen 11:4, c’est-à-dire en son sein, par elle-même ! Révélant par-là que le croyant tiède ne se trouve rassuré que dans une dénomination religieuse à laquelle il adhère ou qu’il institue lui-même. Sa recherche est davantage une protection temporelle qu’une préparation spirituelle.

    Peut-on être « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu… », et ne pas le savoir ? Lorsque l’on est malade, même si l’on ne sait pas de quelle maladie l’on est atteint, les symptômes et la douleur sont là pour la révéler tôt ou tard; mais il n’en est pas de même avec l’âme, elle peut être malade et même déjà morte sans le savoir ! Le malin et le « moi » charnel se mettent « d’accord » pour faire en sorte que l’on ne s’en aperçoive ni n’en souffre ! C’est l’illusion de la santé spirituelle, c’est-à-dire, l’illusion d’une sainteté apparente de la piété, une assurance trompeuse. Cependant, le croyant spirituel « n’ignore pas les desseins de Satan… » II Cor 2:11, Le racheté connaît sa manière d’agir et d’où vient cet état qui pervertit l’âme au point d’appeler bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien. Car l’esprit du monde, l’esprit d’erreur conduit insensiblement à un renversement total des valeurs et des vérités spirituelles. David était sincère quand il blâma l’homme riche qui avait pris la seule brebis du pauvre. Ce fut seulement ensuite par la parole du prophète qu’il comprit que cet homme, c’était lui, qui avait pris Bath-Sebha, la  femme d’Urie, qu’il avait fait mourir au combat, alors qu’il n’en manquait pas. D’où l’on voit que le plus profond aveuglement n’empêche pas une certaine notion de justice de s’exercer, cependant toujours à l’égard d’autrui, jamais envers soi-même!

   Tout attachement, toute fidélité naturelle à Dieu, sans la Révélation de Sa Parole conduit déjà dans le bon chemin, mais cela ne signifie en aucun cas que l’on soit régénéré et transformé. Ainsi, nos qualités, nos vertus naturelles sont nos propres richesses, mais des richesses « appauvrissantes », car plus nous entrons dans la Vie de l’Esprit, plus ces vertus humaines se révèlent des défauts et des obstacles sur le chemin du perfectionnement et de la ressemblance à Jésus. Beaucoup d’âmes, au moyen de leur zèle, de leurs efforts, de leurs projets pour Dieu désirent faire éclater les signes et la puissance de sa Gloire, alors que Le Seigneur, avant tout, demande de nous une conscience profonde et sentie de notre petitesse, de notre faiblesse. C’est alors que nous faisons l’expérience d’être forts, mais de Sa force, patient par Sa patience, d’être vainqueurs, mais uniquement de Sa victoire !

   Si l’homme spirituel doit connaître ce qui l’arrête sur le chemin, il est sage, aussi doit-il ne pas connaître, pour son humilité, certaines hauteurs et profondeurs vers lesquelles Dieu le conduit. C’est pour cette raison qu’il éprouve souvent le sentiment contraire des réalités spirituelles qui l’habitent en sorte de ne pas faire siennes la Gloire, la Force et la Vérité de Dieu. « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, dit l’Écriture, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous… » ! II Cor 4:7. Il est des choses qui sont tenues cachées pour que nous n’en soyons point éblouis, et d’autres révélées par lesquelles nous sommes éclairés.