M347 – LES CHOSES CÉLESTES …

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     « Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Nicodème lui dit : Comment cela peut-il se faire ? Jésus lui répondit : Tu es le docteur d’Israël, et tu ne sais pas ces choses ! En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes ? Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel… » Jean 3:7-13.

   Que ce soit sur la montagne, dans le temple ou dans les synagogues, quelle que soit la diversité, ou le nombre des auditeurs, auxquels Il s’adressait, Jésus enseignait les vérités d’En-Haut. C’est donc là, de nuit, de cet entretien en privé entre Jésus et Nicodème, qu’il nous a été donné de recevoir des vérités profondes concernant la Nouvelle naissance, le Souffle et la Direction de l’Esprit, les Réalités éternelles, ainsi que l’Incarnation de Dieu en notre Seigneur. Jésus parla du passage de la compréhension doctrinale à la compréhension spirituelle de la Parole de Dieu, qui ne peut se produire intérieurement que par l’Opération de l’Esprit-Saint dans le cœur. Ceci est la manière d’agir de Dieu concernant la réceptivité de la Parole, opérée en nous par la révélation de l’Esprit. Ce fut donc à partir de quelques paroles échangées dans l’intimité que furent révélées des vérités éternelles. En ceci éclatent la Grandeur et la Sagesse de Dieu qui, de ce tête à tête avec Nicodème, éclairèrent la profondeur de la Parole aux générations de croyants à venir.

  Poursuivant cet entretien avec Nicodème, Jésus dit : « Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous   quand   je   vous  parlerai   des  choses  célestes… » Jean 3:12. En quoi consistent ces choses terrestres dont parlait Jésus ? Si ce n’est aussi celles que Jésus employait pour parler en paraboles, par lesquelles Il enseignait les vérités du Royaume de Dieu. En effet, qu’est-il de plus compréhensible que les vérités présentées sous la forme de « semence », du « levain », d’un « trésor caché », d’une « perle » ou d’un « filet de pêche » ? Cependant, même de cette manière, beaucoup ne croyaient pas, et, parmi ceux-ci, les uns parce qu’ils ne les comprenaient vraiment pas, tandis que d’autres, au contraire, avaient très bien compris ce qu’ils ne voulaient pas croire ! Ainsi, le fait de croire, ou de ne pas croire ne découle pas seulement du fait d’avoir compris, ou non, la Parole, car alors croire se réduirait à une simple adhésion à la Vérité en dehors de toute révélation spirituelle. Les paraboles ont pour but de « rapprocher » de nous les  « choses célestes » par des images terrestres, mais, paradoxalement, si ces choses ne restent qu’à l’état de comparaisons, ces mêmes paraboles peuvent nous tenir loin de ces vérités. Car, si le bon sens naturel peut éventuellement reconnaître le bien fondé des affirmations bibliques, la Vérité, cependant, ne peut être reçue spirituellement que par une révélation de l’Esprit-Saint, qui déchire le voile de notre entendement charnel. L’on comprend que Jésus, après avoir parlé de ceux qui ne croyaient pas en ce qui concerne les choses terrestres, ait alors déclaré : « Comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes… ».

   Au début de leur rencontre, Jésus avait dit à Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit… » Jean 3:3-6. Constatant l’étonnement de Nicodème à l’écoute de Ses Paroles, Jésus lui dit : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne sais pas ces choses… ? » Jean 3:10. Cependant, loin de blâmer sa difficulté de comprendre, Jésus discerna en Nicodème un besoin spirituel, qui l’avait conduit, et non sans risque par rapport à ses collègues, à se rendre auprès de Lui. Certes, une connaissance de la Parole « selon la lettre » est déjà une Sagesse et une Richesse d’En-Haut, toutefois, en ne l’étant pas « selon l’Esprit », la révélation et donc la Vie de la Parole restent étrangères aux cœurs. La Parole de Dieu, en effet, ne devient intérieure que par une action de l’Onction de l’Esprit au-dedans de nous, car L’Esprit répond à la soif spirituelle de notre cœur en le comblant de Sa Plénitude.

    Les « choses terrestres » ne sont pas de la même nature que les « choses célestes » ; il y a cependant une seule foi pour saisir le sens des unes et des autres. Au commencement de leur entretien, Jésus avait dit à Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage… » Jean 3:11. Il est à remarquer qu’au lieu du « Je », Jésus employa le « nous ». En s’exprimant par : « Nous disons ce que nous savons… », et « nous rendons témoignage de ce que nous avons vu… ». Jésus, par extension, englobe tous les prophètes et les justes des temps anciens, qui reçurent les premières révélations et lumières d’En Haut. Jésus, en tant que Fils de l’homme, se rendit « solidaire » des prophètes et des hommes pieux. Ainsi, en ayant « rendu témoignage » de ce qu’ils ont prophétiquement « vu », cette « vision » dirige nos regards spirituels vers ce qui est En-Haut, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Colossiens, en disant : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre… » Col 3:1-2. Par la foi nous recevons la nature spirituelle des Choses divines, auxquelles nous croyons. Ainsi, la foi, pour ce qui est des « choses terrestres », consiste à faire confiance à Dieu en ce qui concerne la « nourriture terrestre », qui, tout en étant périssable, est cependant indispensable à notre vie ici-bas. Pour ce qui est des « choses célestes », la foi vient de la Parole de Dieu. La foi fait donc pénétrer en nous la nature de cette « nourriture qui subsiste pour la vie éternelle » Jean 6:27, c’est-à-dire, la Parole de Dieu qui est l’aliment spirituel, dont le racheté reçoit la substance.

   Les « choses célestes » sont celles au milieu desquelles Jésus est « assis à la droite de Dieu… » Col 3:1, comme elles-mêmes le sont également en Christ, qui, dit l’Écriture, est « le Mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science… » Col 2:3. Ainsi, alors que Jésus enseignait la foule sur ce qui Le concernait « plusieurs de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’écouter ? Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : Cela vous scandalise-t-il ? Et si vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant… ? C’est l’Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les Paroles que je vous ai dites sont esprit et vie… ? » Jean 6:60-62. Ces paroles laissées  en  suspens, ces « choses  dures »,  c’est-à-dire,  difficiles  à comprendre, Jésus sembla les rendre encore plus incompréhensibles, en disant d’avance aux disciples qu’Il « montera là où il était auparavant… » ! Ce que Jésus n’exprime pas en Parole, il l’imprime en Pensée dans le cœur, en en laissant percevoir la vision spirituelle : il s’agit ici, non pas d’un « lieu » dans l’espace, mais de Sa « préexistence » spirituelle, ainsi qu’Il l’exprima dans Sa Prière : « Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la Gloire que j’avais auprès de toi, avant que le monde fût… » Jean 17:5. Ainsi, l’Onction de l’Esprit utilise le langage humain pour décrire l’indescriptible, l’Esprit de Dieu vivifie les mots en dévoilant le Sens caché de la Pensée divine. Ainsi, la Parole s’éclaire et suscite en nous le besoin d’aspirer à la connaître, et à nous connaître nous-mêmes par elle.

    Jésus nous exhorte à diriger nos regards et nos cœurs vers les Réalités célestes. Mais, afin de comprendre la Parole, nous sommes appelés à croire en la Personne de Celui qui l’enseigne ; car comprendre est en rapport avec ce qui est enseigné, et croire est d’abord une relation avec le divin Enseignant. Jésus a dit : « C’est l’Esprit qui  vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie… » Jean 6:63. La Parole reçue est celle que l’Esprit fait pénétrer en nous, et cette Parole est comprise par l’Esprit de Jésus qui vit en nous. Comme Jésus nous l’a enseigné par Sa prière, en disant : « Notre Père qui est aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… » Matt 6:9-10, la Parole est vécue par la révélation et l’application inspirées des choses du Royaume de Dieu en nous. Ces réalités éternelles sont donc en travail par un accomplissement et un renouvellement continus à l’intérieur de nous, à travers les événements heureux et douloureux de la vie. Dieu « a voulu par Christ réconcilier tout avec Lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix… » Col 1:20. Et nous avons reçu la Grâce de discerner, au-travers des  « choses terrestres », le Dessein de Dieu qui s’accomplit ici-bas, et cela en nous faisant appartenir aux « choses célestes » qui en sont l’aboutissement, et qui nous introduisent dans l’éternité.