M295 – UN CORDON BLEU …

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     « L’Éternel dit à Moïse : Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur qu’ils se fassent, de génération en génération, une frange au bord de leurs vêtements, et qu’ils mettent un cordon bleu sur cette frange du bord de leurs vêtements. Quand vous aurez cette frange, vous la regarderez, et vous vous souviendrez de tous les commandements de l’Éternel pour les mettre en pratique, et vous ne suivrez pas les désirs de vos cœurs et de vos yeux pour vous laisser entraîner à l’infidélité. Vous vous souviendrez ainsi de mes commandements, vous les mettrez en pratique, et vous serez saints pour votre Dieu. Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte, pour être votre Dieu. Je suis l’Éternel, votre Dieu… ! » Nombres 15:37-41.

  Connaissant la faiblesse de Sa créature, Dieu a mis tout en œuvre pour l’aider à marcher dans l’obéissance devant Lui. C’est ce qu’Il fit envers le peuple hébreu, après qu’Il l’eut délivré du joug du pays d’Égypte. Ainsi, en même temps que « … les cieux qui racontent la gloire de Dieu, et l’étendue qui manifeste l’œuvre de ses mains… ! » Ps 19:2, Dieu fit que l’enfant de Son peuple portât lui aussi un signe qui lui rappelât les commandements qu’il devait observer avec joie et fidélité. Plus proche que les cieux, la terre et les éléments de la nature, Dieu prescrivit donc un signe que l’Israélite pouvait regarder en tout temps et en tout lieu ! En ce qui concerne les faux dieux, l’idolâtre se prosternait devant une image qui était regardée comme étant le dieu même, avec, pour conséquence, la séparation d’avec le Dieu vivant et vrai ; pour l’Hébreu, au contraire, le fait de regarder le « cordon bleu » attaché à la frange de son vêtement était un rappel visible destiné à le rattacher aux choses invisibles ! Ce cordon bleu n’arrêtait  pas son regard, ni n’était une sorte d’« intermédiaire », et encore moins un « médiateur », car il « s’effaçait », en quelque sorte, dès qu’il était regardé par l’Israélite pieux qui  « voyait » alors les commandements oubliés de la Parole de Dieu resurgir dans son esprit… !

   Le regard sur la frange entrelacée du cordon bleu était donc en rapport avec les commandements : « Quand vous la regarderez, dit l’Éternel, vous vous souviendrez… ! » Nombres 15:39. Il est frappant de constater cette association du regard et du souvenir… ! Le vrai regard, le regard par l’Esprit de Dieu rappelle toujours la Parole. Car si, dans les choses spirituelles, nous sommes appelés à entendre sans voir, il ne nous est jamais donné de voir sans entendre la Parole qui éclaire ou confirme ce que nous voyons ! Au sujet de l’idolâtrie, l’adorateur fixait son regard sur l’idole, il était lui-même fixé, « absorbé » par l’idole, car, spirituellement, nous recevons la nature de ce que nous croyons et de ce que nous adorons ! Or, contrairement à l’idole, toute chose visible ou tangible utilisée comme support de la part de Dieu n’arrête pas les regards du croyant au point de le rendre captif de ce qui est visible et passager ! En effet, en raison de notre fragilité humaine, tout support visible inspiré de la Miséricorde divine nous appelle à voir au-delà du « signe », et à recevoir la Parole qui nous conduit à Celui qui est invisible, mais présent par Son Esprit… !

   Qu’une chose temporelle soit présentée aux regards en vue d’un but spirituel est une chose saine, dès lors que Dieu en est l’Inspirateur. L’Écriture nous rapporte que, suite à la mort de beaucoup d’Israélites dans le désert pour cause de rébellion, l’Éternel dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie… ! » Nombres 21:8. Or, ce même serpent d’airain, qui fut un instrument de vie, devint un instrument de mort ! Le peuple, en effet, en avait fait une idole en « brûlant des parfums devant lui », au point que le roi Ezéchias, environ sept siècles plus tard « dut le mettre en pièces… ! » II Rois 18:4. Cette représentation du serpent n’avait point été faite dans une intention idolâtrique, puisque c’était Dieu Lui-même qui l’avait ordonnée à Moïse en vue de la guérison du peuple. Cependant, ce serpent d’airain, ayant été utilisé au-delà du temps, tel un remède magique, et à un autre but que celui auquel Dieu l’avait destiné, amena le peuple à se corrompre spirituellement. C’est d’ailleurs, tôt ou tard, ce qui se produit chaque fois que l’on change la Vérité en doctrine, et la manifestation d’un réveil en un « mouvement » de réveil ; car, chaque institution établie en vue de « conserver » la Présence ou les Manifestations de l’Esprit de Dieu, n’aboutit qu’à les éteindre en les séparant de leur Source divine… !

   Ainsi, en une tout autre circonstance, il en a été de même du cordon bleu que portaient les Israélites. En effet, c’est avec une forte indignation que Jésus dit à leur sujet : « Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements ; ils aiment les premières places dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques et à être appelés par les hommes : Rabbi, Rabbi… ! » Matt 23:5-7. A l’écoute de telles paroles de la part de Jésus, les pharisiens comprirent qu’ils n’avaient de « saint », en quelque sorte, que l’étoffe de la frange de leurs vêtements, à laquelle le cordon bleu était attaché … ! Comment donc une telle altération put-elle donc se produire dans leur vie ? Cette dégradation spirituelle consista en ce qu’ils s’étaient appropriés l’autorité qui préside au service de Dieu, au lieu de l’exercer humblement ; il en résulta pour le peuple, un endoctrinement spirituellement mort, au lieu de l’enseignement vivifiant de la Parole vivante de Dieu ! La tradition avait figé, éteint leur perception spirituelle ! En effet, moins les choses spirituelles sont recherchées et plus les choses rituelles prennent de l’importance, car moins l’on aspire aux choses intérieures et plus les choses extérieures prennent la place de celles spirituelles ! Et ceci se reproduit dans tous les temps… !

  Y eut-il un précédent ressemblant à la signification de l’ordonnance du Seigneur de porter les regards sur ce cordon bleu ? En sondant l’Écriture, nous découvrons que cette démarche de « regarder dans le but de se souvenir » se manifesta déjà lors d’une circonstance bien particulière, c’est-à-dire, aussitôt après la fin du déluge. Dieu dit, en effet, à Noé et à ses fils : « Quand j’aurai rassemblé des nuages au-dessus de la terre, l’arc paraîtra dans la nue ; et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous, et tous les êtres vivants, de toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. L’arc sera dans la nue ; et je le regarderai, pour me souvenir de l’alliance perpétuelle entre Dieu et tous les êtres vivants, de toute chair qui est sur la terre… ! » Gen 9:14-16. Que l’homme ait besoin de regarder l’arc-en-ciel pour être rassuré qu’il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre, cela se comprend ; mais que Dieu Lui-même ait besoin de « regarder l’arc dans la nue pour se souvenir de Son Alliance entre Lui et tous les êtres vivants… ! », peut paraître étonnant, sachant qu’il n’est point d’« oubli » chez Dieu, qui est omniscient. La seule et unique chose dont Dieu ne se souvient plus, ce sont nos péchés que Jésus a effacés par Son Sang à la Croix… ! Héb 8:12. En fait, à cause de la faiblesse ou de la négligence de l’homme, il est des domaines particuliers où Dieu « agit », en quelque sorte, suivant ce qu’Il commande à l’homme d’être ou de faire, dans le seul but, en le lui rappelant, de l’y inciter … ! En vérité, le fait que Dieu regarde l’arc, qu’Il « plaça » dans la nuée : Gen 9:13, est plus en rapport avec l’homme qu’avec Dieu Lui-même ; car, en sachant que Dieu regarde également ce qu’Il lui a commandé de regarder, le croyant souvent oublieux est d’autant plus rassuré que l’Esprit-Saint l’aidera toujours à se rappeler d’agir selon la Volonté de Dieu pour son bien… !

  Sous quelle forme le cordon bleu se présente-t-il donc à nous en Jésus-Christ ? Si ce n’est par ce « signe intérieur » de l’Esprit, tel un élément constitutif de l’« homme nouveau » en nous, et qui est ce « témoignage » que nous rendons, et qui, à la fois, parle en nous, ainsi que le dit l’Écriture : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… ! » Rom 8:16. Emplissant et exprimant l’espace où se rencontre en nous l’Esprit de Dieu et notre esprit, ce témoignage rappelle notre appartenance à Dieu ; voilà notre « cordon bleu » spirituel. En effet, le besoin croissant de méditer la Parole de Dieu résulte de ce qui a été changé en nous, et à l’intérieur duquel s’opère ce passage de la vue naturelle à la vision spirituelle… !